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ENTRETIEN - Le comédien est sur la Croisette pour juger des fictions longues présentées en compétition. Il revient sur cette expérience et son parcours avant le verdict qui sera rendu mardi soir.
On le reconnaît peu dans la rue et c’est bien normal ! Mamadou Sidibé est si loin du personnage de Malik qu’il incarne dans la série Un prophète sur Canal+. L’ancien footballeur est plus fin, et, c’est logique, plus lumineux, souriant, ouvert même si l’on devine chez lui un fond de timidité. Toujours d’une grande élégance aussi. Il sait choisir avec goûts ses partenaires de mode. D’un festival l’autre, après avoir été juré de Canneséries, il reviendra sur la Croisette en mai avec Mémoire de fille, le long métrage de Judith Godrèche, présenté dans la sélection Un certain regard. Le pink carpet aura cédé la place au plus traditionnel tapis rouge !
LE FIGARO TV MAGAZINE . - Pourquoi avoir accepté cette expérience de juré ?
Mamadou SIDIBÉ. - C’est un honneur incroyable. Je ne me suis pas posé de questions, j’ai foncé ! Je ne me donne pas de critères, j’y vais avec le feeling, avec le cœur, ce que j’ai ressenti en regardant la série. Tout en essayant d’être objectif sur le travail fourni. Je représente d’une certaine façon le grand public mais je me suis un peu professionnalisé. Je suis plus attentif au jeu, à la réalisation, l’image aussi, j’adore le travail des chefs opérateurs.
Parce que votre papa était photographe ?
Ça m’a très probablement sensibilisé. J’aime vraiment les séries qui ont une belle lumière ! Je ne posais pas pour lui mais il aimait tellement les souvenirs qu’il nous photographiait sans cesse : quand on prenait le train... Et ado je prenais moi-même beaucoup de photos avec mes amis.
Quid du côté glam, paillettes ?
C’est amusant pendant une semaine. Et puis j’ai toujours aimé la mode, avant même de faire du cinéma. Je ne m’attendais pas à ça mais désormais on a des agents image en plus des agents cinéma pour travailler avec des marques, créer des liens.
Êtes-vous groupie ?
Je suis content de rencontrer les gens mais je n’ai jamais été fan de qui que ce soit. Vincent Elbaz, qui fait partie du jury, m’a beaucoup inspiré. Je regardais ses films, des comédies, petit. Il fait partie de ceux qui m’ont potentiellement donné envie de devenir humoriste. Mais j’espère croiser Michel Platini qui est venu présenter son documentaire !
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Vous êtes venu un peu par hasard au métier d’acteur. Correspond-il à ce que vous attendiez ? Avez-vous trouvé vos marques ?
Je suis tombé amoureux du jeu, de cette recherche de la vérité dans le jeu. Et j’ai découvert sur le plateau de tournage plein de choses que j’ignorais en tant que spectateur. Du processus de création jusqu’à la production.
Êtes-vous satisfait de l’accueil d’Un prophète ? Ce n’était pas gagné de venir après le film de Jacques Audiard...
Pour ma part, je prenais ça positivement, j’étais enthousiaste et optimiste et nous avons eu de bons retours, du soutien, des félicitations.
Je ne me servirai pas d’une douleur ou d’une tristesse personnelle pour jouer un personnage. J’essaie simplement d’être dans l’empathie et de vivre la situation
Mamadou SidibéVous évoquiez à l’époque « une vulnérabilité qui rend fort », comme lorsque votre carrière de footballeur a été stoppée, et qui correspondait à celle du personnage. La ressentez-vous encore ?
Non, c’était une période de transition. Lorsque mon rêve de foot s’est achevé, ça a été un choc, je me suis senti très faible puis j’ai évolué. J’avais tout perdu, j’étais désespéré et ça m’a permis d’oser. Et le fait d’oser est une force. Le personnage de Malik lui aussi a passé cette étape et pris le pouvoir. Mais je ne me servirai pas d’une douleur ou d’une tristesse personnelle pour jouer un personnage. J’essaie simplement d’être dans l’empathie et de vivre la situation.
Vous parliez de Stanilavski dans une interview, sa méthode vous a-t-elle inspiré ?
À l’époque où je préparais Un prophète, je ne connaissais rien au jeu et j’ai découvert La formation de l’acteur. Je l’ai lu pendant les quatre mois du casting, ça m’a beaucoup aidé. Le travail de construction du personnage est tellement découpé dans ce livre... J’ai toujours aimé lire de manière générale. Et depuis Un prophète, je veux vraiment m’attaquer au Comte de Monte-Cristo.
Que pouvez-vous nous dire de Mémoire de fille , adaptation de l’ouvrage d’Annie Ernaux , et de votre collaboration avec Judith Godrèche qui le réalise ?
C’est un gentil dans un groupe de moniteurs de colonie de vacances. Il existe une forme de harcèlement normalisé. Sur Un prophète, l’équipe était devenue une famille. Je pensais que rien ne pourrait rivaliser mais en fait j’ai retrouvé une autre famille et Judith est incroyable. Son approche du travail est différente mais j’aime sa précision, sa recherche, le fait de savoir ce qu’elle veut. Et il est évidemment important de donner le moyen d’exprimer à tous les thèmes qui sont de l’ordre de l’injustice, faire passer des messages, réfléchir sur le racisme, le harcèlement...
Vous avez envie de vous lancer dans l’humour, le stand-up ?
Ce serait un défi ! J’aimerais le faire au moins une fois, même simplement devant des amis comédiens. Je sais que j’ai un potentiel comique dans la vie au quotidien, il m’est facile de faire rire les gens. Mais le stand-up c’est autre chose que je ne sais pas encore faire, je suis plus spontané. J’écris mais pas forcément en ce sens, j’écris des poèmes et pourquoi pas un roman un jour ?


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