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Par Le Figaro avec AFP
Le 8 juin 2026 à 21h47
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«Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali», avait notamment lancé Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire Malien 22 septembre, lors d’un panel animé par Idrissa Hamidou Touré, procureur d’un tribunal de Bamako.
Passer la publicité Passer la publicitéUn journaliste malien a été placé en détention lundi à l’issue de sa convocation devant la justice, quelques jours après avoir ouvertement critiqué la junte au pouvoir lors d'un forum des médias à Bamako, , a appris l’AFP de sources judiciaires et auprès de sa famille. Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire Malien «22 septembre», avait été convoqué par le procureur du pôle de lutte contre la cybercriminalité lundi après-midi, après une sortie contre la junte lors du Forum panafricain des médias que Bamako a abrité du 3 au 6 juin.
«Le journaliste Chahana Takiou est placé sous mandat de dépôt pour “atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire”», a déclaré lundi soir à l’AFP une source judiciaire sous couvert d’anonymat, indiquant que son procès était prévu le 27 juillet prochain. «Il a été convoqué et placé sous mandat après cette déclaration» lors du Forum panafricain, a affirmé une autre source judiciaire. Des membres de la famille de M. Takiou ont confirmé à l’AFP le placement en détention.
Depuis leur arrivée au pouvoir lors d’un putsch en 2020, les militaires ont imposé des restrictions sévères aux libertés en réduisant au silence l’opposition et les voix dissidentes par des mesures coercitives, des mises en cause judiciaires et la dissolution des partis politiques. «Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali. Vous arrêtez les journalistes et au lieu de les juger selon le régime de presse et délit de presse au Mali, c’est la loi sur la cybercriminalité que vous appliquez», avait lancé M. Takiou durant le Forum, lors d’un panel animé par Idrissa Hamidou Touré, procureur d’un tribunal de Bamako.
Une séquence largement relayée sur les réseaux sociaux
«J’ai cinq éléments dans la salle, je peux vous faire arrêter tout de suite si je veux», avait rétorqué le procureur, présent dans la salle. La séquence a largement été relayée sur les réseaux sociaux. «Le narratif souverain africain n’existe pas, tout comme il n’y a pas de narratif européen ou maghrébin. Le journalisme est le même sous tous les cieux», avait également affirmé la veille M. Takiou sous une ovation de ses confrères, au cours d’un panel intitulé «médias africains et narratif souverain».
M. Takiou n’a fait qu’«émettre une analyse critique et factuelle au regard de l’utilisation abusive de la loi sur la cybercriminalité pour arrêter et détenir des journalistes, observé dans le pays», a réagi l’ONG Reporters sans frontières (RSF) dans un texte transmis lundi à l’AFP. Le Mali occupe la 121e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse de RSF établi en 2026. Ce pays sahélien est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes.


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