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Malgré le gel des tarifs, bien des Torontois boudent le transport en commun

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Les tarifs du transport en commun à Toronto seront gelés pour la troisième année d'affilée en 2026, selon le budget proposé par la Commission de transport (CTT). Pourtant, l'achalandage est toujours bien loin du niveau pré-pandémique.

Le budget de fonctionnement proposé par la CTT pour 2026, qui dépasse 3 milliards de dollars, dépend d'une aide financière de plus de 1,48 milliard de la Ville, soit une hausse de 6,8 % comparativement à 2025.

La Commission cite une série de facteurs, que ce soit les hausses de salaire des employés, l'augmentation des dépenses liée à l'inflation ou le gel des tarifs et l'évasion tarifaire qui la privent de recettes.

Toutefois, le faible regain d'achalandage dans le réseau continue de plomber les revenus de la CTT, admet son vice-président, Joe Mihevc.

Il souligne que la moitié des revenus de la Commission provient des droits payés par les usagers. Or, la CTT prévoit enregistrer environ 426 millions de passages en 2026, comparativement à 525 millions en 2019, avant la pandémie. C'est un écart de plus de 20 %.

Ce sont des dizaines de millions de dollars en revenus. Il faut attirer ces usagers à nouveau.

Même le retour au bureau imposé par bien des employeurs du centre-ville à Toronto l'automne dernier n'a pas mené à une hausse d'achalandage.

Le PDG de la Commission de transport de Toronto, Mandeep Lali, affirme que le réseau continue de souffrir d'un déséquilibre financier structurel, dû à la hausse des coûts, à des recettes tarifaires inférieures aux prévisions et à un ralentissement de la croissance de l'achalandage.

Nous dépendons de plus en plus des subventions de la Ville et des fonds de réserve.

Selon le budget proposé pour 2026, la CTT puisera 35 millions dans ses réserves, alors que les revenus liés à l'achalandage sont inférieurs de 34,4 millions aux prévisions.

Où sont les usagers?

La Commission de transport cite plusieurs facteurs pour expliquer le faible regain de l'achalandage, y compris la baisse du nombre d'étudiants étrangers et une diminution de l'emploi, tout en admettant que nombre de résidents choisissent d'autres moyens de transport.

M. Mihevc note que certains utilisent plutôt le train GO ou le train UP Express, qui sert de mini-métro, dit-il. Le commissaire aimerait également que les tramways aient la priorité aux intersections sur les automobilistes qui tournent à gauche, pour accélérer le service.

Il voit d'un bon œil le projet pilote à ce sujet pour la ligne de Spadina, tout en ajoutant que le partage de la route à Toronto est une question complexe.

Josh Matlow, conseiller municipal et commissaire de la CTT, a montré du doigt par le passé le manque de fiabilité du service de transport en commun, et le fait que certains usagers ne se sentent pas en sécurité, les incitant à prendre plutôt leur voiture ou un service commercial comme Uber.

Jamaal Myers en point de presse à Toronto, le 7 janvier 2026.

Jamaal Myers, président de la Commission de transport de Toronto, promet une stratégie pour attirer plus d'usagers.

Photo : Radio-Canada

Le président de la CTT, Jamaal Myers, dit vouloir se pencher plus en profondeur sur la question, et promet de dévoiler une stratégie sur l'achalandage plus tard cette année. Il y a eu un changement fondamental, selon lui, dans les habitudes de transport depuis la pandémie, ajoutant que la demande ne se limite plus aux heures de pointe traditionnelles du matin et de l'après-midi.

Il ajoute que la Commission fait des efforts pour offrir un service plus fiable et des stations plus propres, tout en ayant investi dans la sécurité et en gardant le cap sur l'abordabilité, en gelant les tarifs et en mettant en place un plafond tarifaire qui permet d'utiliser le réseau gratuitement après 47 passages par mois.

Andrew Pulsifer, directeur général du groupe d'usagers TTCriders, reconnaît qu'il y a des changements positifs.

Les choses s'améliorent, mais on est encore loin d'un système de transport en commun de qualité internationale.

Il se réjouit entre autres du gel tarifaire, mais il voudrait un service d'autobus et de tramway plus fiable.

Le réseau de train et autobus de banlieue GO a surpassé, lui, son niveau d'achalandage pré-pandémique, a annoncé la province l'an dernier.

Une taxe sur le stationnement?

Le groupe d'usagers TTCriders dit que Toronto devrait relancer l'idée d'une taxe sur le stationnement, ce qui pourrait générer des revenus de 100 à 150 millions de dollars par année, desquels la Ville pourrait se servir pour financer le transport en commun.

M. Mihevc croit que la question mérite d'être abordée par le conseil municipal, même si le gouvernement de Doug Ford s'oppose véhément à l'idée.

La Commission de transport de Toronto continue à réclamer un financement pluriannuel du provincial et de l'aide d'Ottawa. Toronto est l'une des rares grandes villes dans le monde à ne pas recevoir d'argent du gouvernement national pour le fonctionnement quotidien de son réseau de transport public, note Andrew Pulsifer de TTCriders.

Avec la collaboration de Marion Bérubé et de CBC

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