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Malgré de récents drames, les attaques mortelles d’ours noirs demeurent extrêmement rares

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À la suite de la mort de trois personnes en l’espace de quelques mois en Saskatchewan, les spécialistes du comportement animal rappellent que les attaques mortelles d'ours noirs demeurent des événements d'une extrême rareté.

Le ministère de la Sécurité communautaire de la Saskatchewan a confirmé que les décès de Jay et Deb MacDonald, dont les corps ont été retrouvés près du lac McTavish, sont attribuables à une attaque d'ours noir. Ce secteur isolé est accessible uniquement par voie aérienne et est situé à environ 90 kilomètres au nord de La Ronge.

Ce drame survient moins de trois mois après la mort d'Hrishikesh Koloth, âgé de 27 ans, tué par un ours noir sur un site isolé d'exploration d'uranium dans le nord-est de la province. Il s'agissait alors du quatrième décès causé par une rencontre avec un ours dans toute l'histoire recensée de la Saskatchewan.

Hrishikesh Koloth.

Hrishikesh Koloth, 27 ans, est décédé à la suite d'une attaque d’ours en mai près de Nordbye Lake, à 850 km au nord-est de Saskatoon. (Photo d'archives)

Photo : Facebook-Skoden Martial Arts

En 2020, Stéphanie Blais, âgée de 44 ans, avait perdu la vie près de son chalet familial, situé au nord de Buffalo Narrows, à environ 220 kilomètres au nord-ouest de La Ronge. Historiquement, les premiers décès enregistrés dans la province remontent à 1983, lorsque deux hommes avaient été tués lors d'incidents distincts qui s'étaient produits près du parc provincial de Narrow Hills, auparavant appelé le parc provincial de Nipawin.

Un phénomène marginal à l'échelle nationale

Une étude universitaire réalisée par l'Université Lakehead a recensé au total 39 décès liés à des rencontres avec des ours dans l'ensemble du Canada entre 1990 et 2023. Parmi ces cas, 17 étaient attribuables à des grizzlis et 22 à des ours noirs.

Bien que ces attaques demeurent exceptionnelles, la probabilité qu'elles surviennent est plus élevée dans les zones isolées, explique Doug Clark, expert des ours à l'Université de la Saskatchewan.

Jusqu'à cette année, la sagesse populaire aurait voulu qu'on les considère comme très rares en Saskatchewan. Et cela reste vrai si l'on prend du recul, nuance-t-il.

De son côté, Michael Runtz, professeur agrégé retraité en biologie à l'Université Carleton, à Ottawa, dit avoir observé des centaines d'ours noirs au fil des ans, souvent dans des régions reculées de l'Ontario. Malgré cela, il n'a encore jamais été attaqué par un ours noir.

Jay et Deb MacDonald sur un terrain de golf.

Jay et Deb MacDonald ont été tués lors d'une attaque d'ours au lac McTavish, en Saskatchewan, le 15 juillet. (Photo d'archives)

Photo : Réseaux sociaux

La quête de nourriture comme facteur déclencheur

Michael Runtz rappelle que l'ours noir est généralement beaucoup moins agressif que le grizzli.

Les ours noirs ont tendance à être plus solitaires et craintifs de manière générale. C'est pour cette raison que les attaques d'ours noirs sont si rares.

Selon l'expert, lorsque de telles attaques se produisent, elles sont généralement le fait de grands mâles qui adoptent un comportement prédateur. Dans la plupart des cas, il s'agit d'animaux en bonne santé qui tentent simplement d'accéder à une nouvelle source de nourriture, à savoir un être humain.

Doug Clark avance pour sa part que les conditions climatiques de la saison ont pu jouer un rôle dans cette série d'incidents. Il note qu'en mai dernier, il y avait encore près d'un mètre de neige dans le secteur où Hrishikesh Koloth est décédé.

Il est difficile de ne pas se demander s'il n'y a pas un lien avec la disponibilité de la nourriture. Ce manque de ressources crée un stress important chez les animaux, analyse-t-il.

Conseils de sécurité en zones reculées

Malgré la rareté de ces incidents, Doug Clark recommande la plus grande vigilance aux personnes qui s'aventurent dans les secteurs isolés où les ours sont plus fréquents.

Si vous vous rendez dans un secteur accessible uniquement par avion, vous risquez davantage d'y croiser un ours susceptible d'adopter, pour une raison ou une autre, ce type de comportement prédateur.

En cas de rencontre avec un ours noir, Michael Runtz conseille aux gens de ne pas s'enfuir et surtout de ne pas faire le mort, contrairement à ce qui est recommandé face à un grizzli.

Les experts préconisent plutôt de reculer lentement tout en cherchant à paraître le plus imposant et le plus agressif possible, que ce soit en criant, en levant les bras ou en lançant des objets en direction de l'animal. Avoir un répulsif à ours est également fortement recommandé.

Avec les informations de Sarah Petz

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