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Chaque année, le scénario se répète dans cet hôpital de la province du Yunnan, en Chine. Toutes les semaines, de nombreux patients se présentent à l'accueil et indiquent souffrir d'un symptôme pour le moins étrange: ils aperçoivent des minuscules silhouettes qui pourraient se glisser sous les portes, grimper aux murs et s'accrocher aux meubles. Plus bizarre encore, ces petits personnages ressembleraient à des elfes, indique la BBC.
Tous ces cas ont un responsable commun, le champignon Lanmaoa asiatica, très apprécié pour sa saveur umami et récolté dans les forêts de pins environnantes. Dans cette province du sud-ouest du pays, entre juin et août, ce champignon se trouve sur les marchés, figure à la carte des restaurants et les locaux le cuisinent même à la maison. Très goûtu, il faut cependant veiller à bien le cuire, sinon il devient très hallucinogène.
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«Dans un restaurant de fondue, le serveur a programmé un minuteur de 15 minutes et nous a prévenus: “N'y touchez pas avant la fin du temps imparti, sinon vous risquez de voir des petits êtres”», se souvient Colin Domnauer, biologiste l'Université de l'Utah (États-Unis). Mais en dehors du Yunnan, ce champignon étrange reste en grande partie une énigme.
Le mystère des petits elfes
Après avoir entendu parler de ce phénomène par un de ses professeurs, Colin Domnauer s'est lancé dans une quête pour identifier le composé inconnu responsable des hallucinations. «L'idée qu'un champignon puisse provoquer des visions féeriques à travers les cultures et les époques paraissait tellement bizarre», explique-t-il, en racontant le point de départ de son étude.
La première trace de mention de ces champignons remonte à un article scientifique de 1991. Deux chercheurs de l'Académie chinoise des sciences ont décrit des cas de personnes présentant des «hallucinations lilliputiennes». Le premier objectif de Colin Domnauer a été de déterminer avec certitude l'identité de l'espèce. Pour cela, il s'est rendu au Yunnan afin d'acheter des champignons et de les tester en laboratoire sur des souris.
Après l'administration des extraits, les rongeurs ont présenté une période d'hyperactivité suivie d'une longue stupeur. Ces comportements, similaires à ceux observés chez les humains, lui ont confirmé qu'il s'agissait bien de la même espèce.
Avec son équipe, le scientifique cherche encore à identifier le processus chimique à l'origine des visions observées. Les analyses menées à ce stade suggèrent qu'il ne s'agirait d'aucun composé psychédélique connu. L'étude de Lanmaoa asiatica pourrait dès lors contribuer à une meilleure compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans ces symptômes inhabituels. Aujourd'hui, les chercheurs estiment que moins de 5% des espèces de champignons sont recensées.





























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