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Les membres de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) des quatre coins de la Saskatchewan ont eu des discussions enflammées concernant le projet de la Maison de la Francophonie, à Regina. Ils se sont réunis virtuellement, mardi soir, dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire organisée par l’organisme.
Une proposition amandée a été adoptée à 62 % par les Fransaskois réunis. Une première ébauche de cette résolution avait, dans un premier temps, été mise sur la table par Denis Simard, le président de l’ACF. Cette proposition initiale ne précisait pas que la Maison de la Francophonie se trouverait éventuellement à Regina.
Par ailleurs, elle stipulait que des consultations auprès de la communauté devraient être faites en temps opportun et non deux fois par an, comme cela a été voté lors de l'assemblée générale extraordinaire de mardi.

Le président de l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), Denis Simard, considère le projet de la Maison de la Francophonie comme une «vitrine» pour la communauté fransaskoise. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Cory Herperger
Je n’ai aucun problème avec ça, indique Denis Simard, en entrevue après la rencontre.
Un besoin de consultations
Durant l’assemblée générale extraordinaire (AGE), d’autres résolutions ont été proposées. Elles n’ont toutefois pas été adoptées par les membres.
Sylvie Bergeron, membre de la fransaskoisie, et instigatrice de la pétition qui a mené à cette AGE, a proposé que l’ACF entreprenne une étude exhaustive et objective sur les besoins en infrastructure scolaire et communautaire de toutes les communautés fransaskoises.
Elle voulait aussi qu’une étude soit faite sur les impacts qu’une Maison de la Francophonie aurait sur le financement fédéral. Elle demandait d'ailleurs qu’un rapport soit présenté d’ici un an.
À l'instar de Mme Bergeron, plusieurs des Fransaskois présents estiment que la communauté fransaskoise n’a pas été suffisamment consultée par rapport au projet.

Sylvie Bergeron estime que davantage d'études doivent être produites auprès de la fransaskoisie au sujet de la Maison de la Francophonie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Alexandre Chartier est le directeur général de la Société historique de la Saskatchewan, l'organisme à l’origine du projet de la Maison de la Francophonie. Il s’est dit découragé par la proposition de Sylvie Bergeron qui, selon lui, ramenait tout à la case départ.
S’il vous plaît, ne mettez pas par terre le travail qui a été fait, ajoute-t-il.
La résolution a, par la suite, été défaite de 57 % des membres de l’assemblée.
Lors de la clôture de la rencontre, le président de l’ACF, Denis Simard s’est voulu rassembleur.
Je sais qu’il y a des résolutions qui ont été défaites ce soir qui ont causé des déceptions, je dis tout simplement qu’elles ne sont pas abandonnées, a-t-il lancé.
Lors de la rencontre Laurier Gareau, un des participants, était intervenu à plusieurs moments pour dire que la décision (d’avoir ou non une maison de la francophonie à Regina) devait appartenir à la communauté, et pas juste à l’ADC.
L’autre proposition, faite par Roger Gauthier, lui aussi membre de l'assemblée, voulait que le projet soit mis sur la glace, en attendant que davantage de consultations publiques soient menées. Les membres ont également voté contre cette résolution.
La crainte d’un manque de financement fédéral
Lors de l’AGE, certains ont soulevé la crainte que le financement qui pourrait être accordé à la Maison de la Francophonie puisse priver d’autres projets d'infrastructure fransaskois, par exemple des écoles, de fonds fédéraux.
En réponse, le directeur des politiques et des programmes intergouvernementaux pour Patrimoine Canada, Timothé Labelle, a assuré que le financement d’un projet, comme celui de la maison de la Francophonie, n’empêche pas le gouvernement d'octroyer des fonds à d’autres plans dans la même région.
Ce n’est pas parce qu’on donne des fonds à des écoles communautaires dans une région qu’on ne finance pas un espace communautaire à Regina, dit-il.
Une initiative en arrêt
Le projet de Maison de la Francophonie présentement sur la glace, alors que les fonds dédiés aux espaces communautaires du gouvernement fédéral sont gelés.
Denis Simard affirme que l’arrivée de Mark Carney au poste de premier ministre du Canada a changé la manière dont Ottawa alloue des fonds aux milieux communautaires.
Timothé Label confirme que l’agence fédérale a atteint sa limite de fonds à investir jusqu’en 2028.

Un dessin représentant le projet de Maison de la francophonie à Regina.
Photo : Site web de la Maison de la francophonie
La poursuite du projet devra attendre 2028, lorsque le gouvernement fédéral pourra appuyer le projet financièrement.
Dix organisations sont partenaires de la Maison de la Francophonie. Elles seront locataires du lieu, et s’engagent financièrement dans le projet et offrent une expertise pour sa planification.
Trois organismes ont toutefois quitté le projet, y compris l’Assemblée communautaire fransaskoise de Regina (ACFR), qui a annoncé son retrait au mois de juin. Elle dit craindre que le projet cause du tort à la communauté en raison d’un exode de ces espaces en milieu scolaire.
L’Assemblée générale extraordinaire a été demandée au moyen d’une pétition organisée par Sylvie Bergeron, membre de la fransaskoisie.
Elle demandait l’heure juste sur la Maison de la Fancophonie. Soixante-quatre personnes avaient signé la pétition, soit un nombre bien au-delà des 10 signatures exigées par l’ACF, pour qu’une pétition lui soit recevable.


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