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Maëlyne Lugez avait annoncé son passage à l’acte

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Le matin de sa disparition, Maëlyne Lugez, 13 ans, a rédigé un message à glacer le sang à sa meilleure amie. « Je suis à deux doigts de vraiment me tuer », lui écrivait-elle sur Instagram — une déclaration qu’auraient obtenue les forces policières, mais qui ne figurait nulle part dans le rapport de police.

Ce dernier faisait certes état d’un message écrit par la défunte, sans toutefois en détailler le contenu. Ce n’est que mardi matin, à l’ouverture de la deuxième journée d’audiences de l’enquête publique sur la mort de l’adolescente, que les mots exacts ont résonné pour la première fois.

« Je sais pas si je vais tenir, commençait le message lu par le procureur du coroner, Me Pierre-Olivier Bilodeau. Ce n’est pas comme les autres fois quand je te disais que j’allais en finir et je ne faisais rien. Je suis à deux doigts de me tuer. »

Ce message remet en question la thèse de la noyade accidentelle soulevée par la première coroner pour expliquer la mort de Maëlyne Lugez. Le rapport de Me Sophie Régnière avait essuyé de vives critiques de la famille Lugez puisqu’il éclipsait l’historique d’idées suicidaires et d’épisodes dépressifs de la jeune fille.

Maëlyne Lugez a quitté son école secondaire de Saint-Jean-Chrysostome, à Lévis, le 6 novembre à midi. Les policiers de Lévis ont retrouvé sa dépouille à 13 h 20 le lendemain dans un boisé, le visage dans un ruisseau et le corps exempt de blessures, à proximité d’une voie ferrée.

Une version contredite deux fois

Lundi, au premier jour de l’enquête publique sur la mort de l’adolescente, l’éducatrice spécialisée de l’école secondaire fréquentée par la jeune fille avait évoqué l’existence de ce message que la meilleure amie de Maëlyne a signalé le 7 novembre 2024 en matinée — plus de 16 heures après la disparition de cette dernière.

L’avocat de la Ville de Lévis avait contesté la version rapportée par Isabelle Lizotte. « La police n’a jamais eu ce document-là, indiquait lundi Me Guy Claude Dion. Si on avait eu ce document-là, il aurait été dans le rapport. »

Mardi matin, la psychoéducatrice de l’école secondaire à l’époque des faits, Brenda Aucoin, a réitéré que les forces policières avaient bel et bien eu ce message.

« Le matin du 7 novembre, je suis sortie du bureau de la direction, a-t-elle raconté au début de l’audience. Les deux dames enquêtrices sont en train de regarder ce message-là, elles en discutent. J’ai l’impression qu’elles sont fâchées contre la jeune de ne pas avoir vu le message plus tôt. »

Le président de l’enquête publique, Me Luc Malouin, a suggéré que la coroner Régnière n’avait pas eu accès à ce message avant de rédiger son rapport. Il a ajouté un « petit commentaire éditorial » à l’égard de la police de Lévis et des corps policiers en général pour leur rappeler l’importance de partager « toute l’information. »

« Ça évite, a-t-il souligné, d’avoir des rapports d’investigation incomplets que nous recommençons en enquête publique. »

Focus sur les recherches

La journée de mardi se penchait sur les recherches entreprises par les forces policières pour trouver Maëlyne. Jusqu’à 17 effectifs ont participé à l’opération pour retrouver Maëlyne ce jour-là, a mentionné le capitaine du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL), Denis Bilodeau, précisant que les policiers ont complété le ratissage d’un rayon de 300 m autour de l’école secondaire vers 16 h 30, puis, en l’absence « d’éléments pour aller plus loin », a raconté le sergent Danny Labbé du SPVL, les opérations ont délaissé le boisé où la dépouille de l’adolescente fut retrouvée le lendemain.

Le coroner a longuement interrogé le SPVL sur la décision de ne pas poursuivre les recherches au-delà du périmètre des 300 mètres initiaux — malgré les indications contraires du guide de la police de Lévis en pareilles circonstances. « Vous avez fini les recherches terrain rapidement ; félicitations pour ça, a insisté Me Malouin. Mais à 16 h 30, il faisait encore clair… » La décision d’interrompre les recherches vers 21 h 30, au moment où la jeune fille demeurait introuvable depuis 13 h 15, que la nuit tombait et que le mercure oscillait entre 5 °C et 6 °C, a aussi semblé interloquer le président de l’enquête.

Le sergent Labbé a expliqué que les lignes directrices de la Sûreté du Québec (SQ) en cas de disparition stipulent que les personnes suicidaires et dépressives ont parfois besoin d’espace pour sortir de leur isolement. « Si nous nous retirions, a indiqué M. Bilodeau, nous donnions peut-être l’espace à cette jeune fille-là pour qu’elle réapparaisse par elle-même. »

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