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International 10/02/2026 07:51 Actualisé le 10/02/2026 08:25
Dans un entretien donné à plusieurs journaux européens, le chef de l’État pointe « l’instabilité à la microseconde » des États-Unis et invite à s’en détacher.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

AFP
Macron met en garde sur les menaces américaines : « Ne croyez pas une seconde que c’est fini ». Photo d’illustration.
Dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens, Emmanuel Macron met en garde contre les « menaces » commerciales et les « intimidations » américaines qui, selon lui, sont loin d’être terminées. S’il a finalement changé d’avis, Donald Trump menaçait il y a encore quelques semaines de s’emparer du Groenland et d’augmenter les droits de douane de certains pays européens, dont la France, s’il n’arrivait pas à ses fins.
« Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n’y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, [il y a de nouvelles] menaces sur la pharmacie, le numérique… », prévient le président français, qui pointe « l’instabilité à la microseconde du côté américain ».
Face à ces menaces, « nous ne devons pas courber l’échine ou essayer de trouver un arrangement. On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n’est pas payante », estime le chef de l’État. « Les Etats-Unis, qui nous assuraient, pensait-on, la sécurité pour toujours, font planer le doute », ajoute-t-il dans cet entretien notamment publié dans Le Monde.
« Aujourd’hui, nous les Européens, on est tout seuls. Mais on est nous. C’est énorme, 450 millions d’habitants », insiste Emmanuel Macon, appelant à ne pas s’inscrire dans une dépendance trop importante ni envers les États-Unis, ni envers la Chine. Sur le plan économique, les Européens « seront balayés » s’ils n’instaurent pas une « préférence européenne » dans des secteurs stratégiques face à la concurrence américaine et chinoise.
« Préférence européenne » et endettement commun
Alors que se profilent cette semaine des rencontres des dirigeants européens sur la compétitivité et l’industrie, Emmanuel Macron plaide pour « la simplification » et « l’approfondissement du marché intérieur » de l’UE, et la « diversification » des partenariats commerciaux.
Surtout, il appelle à « protéger notre industrie » sans « être protectionniste », avec une « préférence européenne » sur « certains secteurs stratégiques, comme les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense, sinon les Européens en seront balayés ». Une proposition qu’il porte de longue date et sur laquelle la Commission européenne a fait lundi des propositions similaires.
Enfin, il relance l’idée d’un endettement commun européen, défendu par la France depuis des années mais toujours repoussé par d’autres pays, dont l’Allemagne, qui n’a fait de rares exceptions, notamment pour lutter contre le Covid-19.
Il évalue les besoins d’investissements publics et privés dans l’UE à « quelque 1 200 milliards d’euros par an » en additionnant les nécessités dans « les technologies vertes et numériques » et « la défense et la sécurité ». « C’est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir », martèle le président français dans cet entretien publié aussi par le Financial Times ou El Pais.


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