NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Life 29/05/2026 07:03
Pas simple de savoir où placer le curseur pour ne pas renforcer ses complexes ni cautionner les normes de genre.
EN BREF • Les parents sont confrontés à la question complexe de l’épilation précoce de leurs filles, entre éviter les complexes et ne pas renforcer les normes de genre.
• Des témoignages montrent que la pression sociale et les stéréotypes de genre influencent les jeunes filles dès le primaire.
• L’écoute et l’accompagnement sont essentiels pour aider les filles à naviguer entre normes sociales et confort personnel.
Quand on est parent d’une fille, certaines questions arrivent plus tôt qu’on ne le pense, surtout lorsqu’on souhaite l’élever en dehors des normes de genre. Comment gérer sa passion pour les princesses et le rose ? Faut-il lui acheter une poupée ou lui préférer des jouets moins genrés ? Le vernis à ongles pour enfants est-il vraiment anodin ? Bref, comment encourager sa liberté de choix tout en la sensibilisant aux injonctions que ses goûts véhiculent ?
Puis vient la puberté, et avec elle une autre étape, tout aussi délicate : celle de la première épilation. Pour Elisabeth, elle est même arrivée bien plus tôt qu’elle ne le pensait, alors que sa fille était encore en primaire. « Elle est comme moi, brune et à la peau mate, et a donc eu dès toute petite des poils visibles sur les jambes et les bras », nous explique Elisabeth. Si les premières années de sa vie, sa fille n’a pas semblé y prêter attention, ça a changé lorsqu’elle a eu dix ans. « Une ou deux copines lui ont fait une réflexion sans méchanceté un jour où elle était en short, mais ça l’a marquée. Dès lors, elle n’a plus voulu montrer ses jambes nues et m’a demandé à enlever ses poils », regrette la mère de famille.
Sur Reddit, Amandine (le prénom a été modifié) rapporte être elle aussi confrontée à la même problématique avec sa fille de douze ans qui refuse depuis quelque temps de mettre des vêtements courts. « Je commence à penser qu’elle est gênée par sa pilosité au niveau des mollets, même si elle n’ose pas vraiment en parler directement », écrit-elle.
Se conformer à des normes de genre
Car avec cette question de l’épilation des jeunes filles met les parents entre deux volontés contradictoires : celle de ne pas faire naître chez leur fille un complexe, sans pour autant entretenir l’idée qu’un corps féminin doit être discipliné et lisse pour être plus acceptable. « Je ne voudrais surtout pas lui transmettre de complexe ni lui faire penser qu’elle “doit” s’épiler, mais en même temps je vois bien qu’elle n’est pas à l’aise et je ne sais pas trop comment aborder le sujet sans maladresse », résume Amandine.
« L’épilation chez les filles est un sujet compliqué car on dit à nos filles de ne pas le faire alors que nous-mêmes, nous nous plions souvent à cette norme », analyse Céline Calvès de l’association Parents & Féministes, qui a consacré l’an dernier un post Instagram sur le sujet. « Aujourd’hui, notre société considère que la pilosité féminine est quelque chose de laid, de sale, contrairement à celle des hommes. En s’épilant, nous aussi, on transmet sans le vouloir ce stéréotype de la femme glabre, sans aucun poil. »
D’autant, relève Céline Calvès, que cette question des poils féminins apparaît parfois avant même les premiers signes de puberté. « La question a été soulevée par une membre dont la fille de sept se demandait pourquoi sa copine était “chauve des bras” et pas elle. Cela montre bien que les stéréotypes de genre et les normes physiques de la féminité sont intégrés très tôt », indique l’experte.
La peur de renforcer ses complexes
Elisabeth relate avoir elle aussi été décontenancée par la demande précoce de sa fille. « J’ai essayé de retarder au maximum l’épilation car je trouvais que dix ans, c’était très jeune. » Mais très vite, elle s’est aperçue que même à cet âge, il était difficile de tenir un discours aux antipodes de sa propre pratique. « Je lui ai dit qu’avoir des poils, ça n’était pas grave, qu’on pouvait même apprendre à les aimer. Mais j’ai vite compris qu’elle ne jugeait pas mon discours sincère car mes poils, je les épile », constate-t-elle.
À cette question de conformité aux normes esthétiques, s’ajoute celle de ne pas créer ou renforcer les complexes. Comme l’expliquait l’an dernier au HuffPost la psychologue pour enfants Virginie Piccardi, « les enfants ont conscience très tôt du rapport au corps et de la façon dont il peut être perçu par les autres, enfants comme adultes. De là peut naître un complexe, c’est-à-dire le fait de souffrir de l’écart par rapport à ce qu’on souhaiterait. »
Un écueil que voulaient à tout prix éviter Elisabeth et Amandine. Cette dernière avoue avoir finalement accepté que sa fille s’épile les jambes à son entrée au collège. « Il y avait le regard des garçons, le malaise lié à son corps qui change… Je ne voulais pas qu’à cause de mon refus, elle se sente encore plus mal. »
Un choix qui n’est pas toujours définitif
Pour Céline Calvès, c’est justement le fait de rester à l’écoute de sa fille qui doit déterminer la marche à suivre entre temporiser et accepter l’épilation. « Il n’y a pas de solution unique, fait-elle remarquer. Il faut l’écouter, lui expliquer les normes sociales et biologiques, mais aussi, en cas de gêne ou de souffrance trop importante, accepter qu’elle s’épile. Parfois, la meilleure solution est celle qui apaise. »
Mais, insiste la membre de Parents & Féministes, il est important de l’accompagner dans cette démarche afin de déterminer la méthode d’épilation (cire, crème dépilatoire) qui conviendra le mieux à sa peau sensible et éviter toute irritation ou mauvaise utilisation du produit.
Enfin, Céline Calvès rappelle que même si une jeune fille choisit l’épilation, ce choix pourra évoluer dans le temps, à mesure qu’elle déconstruira, elle aussi, les normes de genre. « Cela ne signifie pas qu’elle va continuer à s’épiler tout le reste de sa vie. C’est pour cela que montrer des modèles positifs de femmes assumant leurs poils, comme Angèle, est important. C’est comme ça qu’on fera évoluer les mentalités : en montrant à son ado qu’on peut être belle et ne pas s’épiler. »


1 week_ago
78



























.jpg)






French (CA)