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Lynchage de Quentin Deranque : Malgré de nombreuses alertes, le dispositif prévu était des plus légers, révèle une note confidentielle

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La stratégie élyséenne mise à nu : laisser les extrêmes se neutraliser, même si ça laisse des cadavres sur le bitume.

Une banderole, six policiers fantômes et des alertes ignorées

Revenons sur les faits, puisque le ministre, lui, semble les avoir oubliés. Le 12 février, le groupuscule identitaire Némésis plante son décor devant Sciences-Po Lyon. Une banderole, quelques militants, l’ambiance habituelle des petites fièvres identitaires. Que fait la police ? Six malheureux agents du Renseignement territorial, en civil, qui pointent leur nez un quart d’heure chrono — de 17h30 à 17h45, précisément — puis se volatilisent. Aucun uniforme, aucun renfort, aucune logique de maintien de l’ordre. Pourtant, la note confidentielle citée par Le Canard mentionne « de nombreuses alertes » sur les risques d’affrontement. Mais comme l’écrit Hassoux, « rien n’a été fait pour le renforcer ». Comme si, au sommet de l’État, on avait décidé de laisser les groupuscules en découdre.

Où étaient les flics le jour du lynchage de Quentin Deranque ? Une note confidentielle, récupérée par « Le Canard », révèle que le dispositif prévu était des plus légers. Rien n’a été fait pour le renforcer malgré de nombreuses alertes.https://t.co/UzgFAVysAe

— Le Canard enchaîné (@canardenchaine) February 25, 2026


Deux jours plus tard, le 14 février, la prophétie s’accomplit. La Jeune Garde, collectif antifasciste lyonnais, et des activistes d’extrême droite se rencontrent — et ça cogne. Dans la rixe, Quentin Deranque, jeune homme évoluant dans les sphères de l’ultradroite, est lynché. Il en mourra. Les forces de l’ordre ? Aux abonnés absents. Comme si le terrain s’était soudainement trouvé hors de portée des radars policiers.

L’aveu gênant d’un ministre en pilotage automatique

Invité à s’expliquer sur France 2, Laurent Nuñez a livré une perle digne des plus grands exercices d’esquive : « Il peut se passer que les affrontements se déroulent assez loin de la scène initiale. » Traduction : on n’était pas là, et on assume. Un aveu d’impuissance ? Plutôt l’illustration d’un choix. Car lorsqu’on sait que les alertes avaient été émises, que les risques étaient identifiés, et que malgré tout, le dispositif est resté squelettique, la thèse de l’incurie ne tient plus. Reste celle, plus cynique, d’un laisser-faire stratégique.
Le jeu macabre du « diviser pour mieux régner »



Car c’est bien là que le bât blesse. Depuis des mois, le pouvoir macroniste observe la montée des tensions entre ultragauche et ultradroite avec une passivité qui interroge. À force de vouloir incarner le « en même temps » républicain, l’exécutif semble avoir trouvé une méthode plus expéditive pour gérer l’extrémisme : les laisser s’entretuer. Ces révélations du Canard ne sont pas un simple fait divers sécuritaire. Elles confirment une stratégie souterraine : diviser pour mieux régner, quitte à ce que le sang coule. Pendant que Némésis et la Jeune Garde se rendent coup pour coup, l’État regarde ailleurs, calculette électorale en main, espérant que les extrêmes s’épuisent mutuellement.

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