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Au lycée technique de Nsam, à Yaoundé, un accident de moto a tourné au saccage de l’établissement. Trois versions s’affrontent. Le préfet Serge Hervé Biwele Sal dit qu’aucun élève n’a été chassé pour une coupe de cheveux. Plusieurs élèves sur place disent l’inverse. Et la ministre de l’Enseignement secondaire, Nalova Lyonga, s’interroge à voix haute sur la responsabilité de chacun, sans désigner personne.
Trois versions, aucune réponse
Le matin du drame, vers 6 h 30, Corinne Dogmo dépose son fils au commissariat de Messamedongo, d’où il devait prendre un taxi vers le lycée. Ses frères, eux, avaient pris le bus. C’est le récit de la mère de la victime. La suite, on la reconstitue par les autres voix.
Le préfet de Yaoundé III parle d’élèves qui rejoignaient l’école entre 7 h et 7 h 30 et qui ont eu un accident en chemin. Cet accident aurait provoqué la colère de camarades déjà présents sur le campus. Il ajoute : « aucun élève n’a été chassé du campus scolaire pour aller se raser. »
Plusieurs élèves sur place affirment pourtant que la question de la coupe de cheveux reste le mobile. Le préfet dément. Voilà le nœud.
On ne sait pas encore ce qui s’est exactement passé entre l’accident et le saccage. Le bilan humain n’est pas précisé dans les éléments dont nous disposons.
L’établissement rouvre lundi. L’administration exige trois choses : tenue conforme, cheveux bien coupés, noms brodés sur la tenue.
Une ministre qui pose des questions, pas des réponses
Nalova Lyonga a parlé de trois élèves sur une moto, d’un enfant « qui n’est pas motocycliste » et de la colère de ceux qui ont détruit leur propre école. « Cela signifie que nous n’avons aucune valeur », a-t-elle lâché.
Mais elle refuse de blâmer les parents, refuse de blâmer l’administration scolaire, et dit qu’« aucune autorité ne le fera ». Franchement, on attendait mieux d’une ministre de tutelle.
Il y a un détail qui frappe : le règlement intérieur est rappelé dans les mêmes minutes que le deuil. Cheveux, tenue, broderie. La règle passe avant l’explication.
Reste une question que personne n’a posée à voix haute : pourquoi des élèves prennent-ils des motos à trois pour aller en cours, à Yaoundé, en 2026 ? Aucune réponse officielle.
Lundi, les élèves franchiront le portail dans les conditions fixées par l’administration. Une enquête reste à annoncer pour établir ce qui s’est réellement passé, et les familles attendent toujours une version qui tienne.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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