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Le navettage a mauvaise presse en Abitibi-Est, mais les solutions pour contrer le phénomène ne semblent pas évidentes pour les candidats en lice aux élections du 5 octobre.
Une étude réalisée pour la MRC de la Vallée-de-l’Or révélait que plus de 3800 personnes pratiquent le navettage en Abitibi-Est, aussi appelé fly-in fly-out, notamment pour combler les besoins de l’industrie minière.
Le phénomène contribue à faire grimper les prix sur les marchés locatifs et immobiliers, en plus d’entraîner des pertes évaluées à plus de 170 M$ annuellement, puisque ces travailleurs dépensent la majeure partie de leurs revenus à l’extérieur de la région.
Les principaux partis s’accordent sur une chose : il est important de contrer le navettage et d’inciter davantage de travailleurs à s’établir dans la région.
Pour le libéral Pierre Dufour, la solution passe peut-être par la mise en place de nouveaux incitatifs financiers musclés, qui peuvent faire une différence.

Pierre Dufour est candidat pour le Parti libéral du Québec dans Abitibi-Est.
Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry
On n’arrive pas à recruter de médecins, mais on ne manque jamais de policiers, note-t-il. Pourquoi? Parce que quand on a besoin d’un policier, on paye pour l’embaucher. Pourquoi un travailleur en navettage voudrait quitter Laval ou Mirabel pour s’installer ici, s’il n’est pas capable d'avoir de médecin ou de dentiste? Je pense qu’un crédit d’impôt qui s’appliquerait pour une période de 7 à 10 ans peut être une mesure intéressante. La question des primes, j’y crois de moins en moins. On l’a vu au Témiscamingue, ça a ses limites.
Pour Québec solidaire, l’enjeu du navettage est inquiétant, parce qu’il est devenu structurel pour les entreprises, qui y voient la solution à leur manque de main-d’œuvre. La candidate Sara Germain pense elle aussi que la région doit travailler à améliorer son attractivité, en augmentant d’abord la qualité des services qui sont offerts à la population.

Sara Germain est candidate pour Québec solidaire dans Abitibi-Est.
Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry
On ne peut pas demander à quelqu’un de choisir la région si on lui demande en même temps d’avoir moins de services ou des services de moins grande qualité, avance-t-elle. La solution, ce n’est pas l’austérité ou le privé, mais un renforcement des services avec des investissements à la hauteur. Oui, les incitatifs peuvent avoir du succès, comme on l’a vu avec la Grande Séduction en Abitibi-Ouest. Ça permet d’attirer des gens. Mais pour qu’ils restent, ça prend des initiatives collectives.
La candidate Manon Barbe, de la CAQ, admet que le navettage est pour l’instant un mal nécessaire, mais qu’il faut s’attarder à rendre la région plus attractive pour ces travailleurs.

Manon Barbe est candidate pour la Coalition avenir Québec, dans la circonscription d'Abitibi-Est.
Photo : Radio-Canada / Jessica Lesage
Il faut avoir une vision à 360 degrés de la question, lance-t-elle. On propose notamment un crédit d’impôt à l’achat d’une première propriété et l’allègement de la bureaucratie pour faciliter la construction de logements et de maisons. On veut aussi améliorer les infrastructures de culture et de sport, ou encore les services de garde, pour que les familles fassent le choix de s’installer et rester. Mais une partie de la responsabilité revient aussi aux entreprises. Il faut s’asseoir tout le monde ensemble pour mettre différentes choses en place.
Le candidat du Parti québécois, Stéphane Tremblay, se dit bien au fait du phénomène, lui qui est au service d'une entreprise du secteur minier qui fait appel à plusieurs employés en navettage. Il rappelle que son parti a mis sur la table quelques propositions pour favoriser le secteur immobilier et l’accès à la propriété.

Le candidat Stéphane Tremblay se présente avec le Parti québécois dans la circonscription d'Abitibi-Est.
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin
La compagnie où je travaille a besoin de ces gens-là, fait-il valoir. Mais, on voit comment ça crée une pression énorme sur le logement. C’est le message que nous ont lancé les villes, tant à Val-d’Or qu’à Malartic. Il faut trouver des solutions pour accueillir ces gens-là et leurs familles et les retenir. Ils doivent venir alimenter la vie de nos villes et cesser la pression sur le logement.


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