Quand on lui demande ce qu’elle pense du 3e mandat (pas d’affilée) de Lula qui s’achève, Renata Lima, les cheveux retenus par un foulard coloré, soupire. «Si, aujourd’hui, mes trois enfants vont à l’école et si je peux les nourrir tous les jours, c’est grâce aux programmes que Lula a mis en place depuis des années comme la «Bourse Famille» ou le «Gaz du Peuple», explique cette mère célibataire de 36 ans, occupée à faire les ongles d’une voisine, devant le seuil de sa maison aux briques apparentes, dans la favela de Cajazeiras, à Salvador de Bahia, au nord-est du pays.
«Mais la vie reste difficile pour les personnes pauvres comme moi, enchaîne-t-elle. Bien sûr, pas comme lorsque j’étais enfant, où il m’arrivait régulièrement, avec mes frères et sœurs, d’aller dormir sans manger.» Aujourd’hui, Renata et les siens font trois repas par jour. Et ce, même si «le prix des aliments a beaucoup augmenté ces deux dernières années». Le pire, pour elle, reste quand même la violence et l’insécurité. «Il y a toujours eu des petits trafiquants de drogue. Mais là, ce sont des gangs armés qui se tirent dessus tous les soirs ou presque. On est obligés de se barricader dans nos maisons dès 20h. C’est pour ça que, pour la première fois de ma vie, je n’ai pas voté pour Lula.»


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