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Louis Bouffard sur l’euthanasie : « Si la société vous propose de mourir, c’est qu’elle a déjà renoncé à vous soigner. »

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Quand la société vous offre la mort comme une solution, c’est qu’elle a déjà renoncé à vous sauver.

La dépendance, nouveau crime en société ?

Louis Bouffard ne marche plus, n’écrit plus sans assistance, et survit grâce à une machine. Pourtant, c’est lui qui porte aujourd’hui la voix de ceux que la loi menace de réduire au silence. « On nous parle de dignité, mais quelle dignité y a-t-il à devoir justifier son existence ? » Dans un pays où les hôpitaux suffoquent, où les unités de soins palliatifs ferment par manque de moyens, et où les aides à domicile sont une loterie administrative, son questionnement résonne comme un réquisitoire : « Demain, serai-je encore un homme, ou un coût évitable ? »

Son combat rejoint celui d’Antoine Durand, autre « survivant » sous respirateur, pour qui « vivre différemment n’est pas une malédiction ». Tous deux dénoncent une « euthanasie par défaut », où la société, incapable d’assumer ses fragiles, leur offrirait la mort comme une solution de facilité. « On ne meurt pas de souffrance, on meurt de solitude et d’abandon », rappelle une sœur médecin, aujourd’hui menacée de prison pour avoir refusé de tuer. « La loi ne créera pas un droit, elle imposera un devoir : celui de disparaître. »

Si « l’aide à mourir » était légalisée, il faudrait absolument instituer des « safe place », où le patient sait que cet acte n’est pas pratiqué.#findevie #aideàmourir #euthanasie #ethique #soins #soinspalliatifs #handicap #aidants #safeplace @stephanie_rist @Sante_Gouvpic.twitter.com/tz3Ji1HQEy

— Louis Bouffard Officiel (@L_Bouffard_off) February 20, 2026


Une loi en équilibre sur le fil du cynisme

Portée par le député Olivier Falorni, la proposition de loi, adoptée en première lecture en mai 2025, promet une « fin de vie digne et choisie » — une formule aussi séduisante qu’hypocrite. En réalité, elle autoriserait l’euthanasie pour les majeurs atteints de maladies incurables en phase terminale, ou dont la « souffrance est jugée insupportable »… par qui ? Les critères, présentés comme stricts, s’élargissent déjà : souffrance psychique incluse, choix entre suicide assisté et injection létale, et surtout, une clause punissant « l’entrave » à l’accès à la mort — deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour ceux qui oseraient s’y opposer.

Au Sénat, le texte a été rejeté en janvier de cette année, qualifié de « rupture anthropologique » par Bruno Retailleau. « On ne légifère pas sur la mort, on légifère contre les vivants », résume-t-il. Pendant ce temps, l’Assemblée nationale, sourde aux avertissements, persiste — tout en promettant, dans un même élan, un plan pour les soins palliatifs d’ici 2034. « Trop peu, trop tard », raillent les associations, qui rappellent que 190 000 personnes seulement en bénéficient aujourd’hui.



Le vrai coût de la « compassion »

Les partisans de la loi, Falorni en tête, brandissent l’exemple des Pays-Bas ou de la Belgique, où l’euthanasie serait « maîtrisée ». « Maîtrisée » ? En 2022, 7 % des euthanasies belges concernaient des troubles psychiatriques. « Maîtrisée » ? Aux Pays-Bas, des médecins avouent euthanasier des patients sans consentement explicite, par « fatigue compassionnelle ».

Face à ce glissement, les opposants, comme Louis Fouché, parlent d’« eugénisme décomplexé ». « On nous vend du choix, mais dans un système hospitalier exsangue, le ‘choix’ sera vite fait », prévient-il. Grégor Puppinck, juriste, y voit une « économie de la mort » : « 1,4 milliard d’euros d’économisés par an, c’est le prix de 100 000 vies sacrifiées. » Quant à l’objection de conscience, elle serait purement et simplement balayée — « un crime hier, un devoir demain ».

La société du rejet, ou l’art de tuer sans haine

Jean Leonetti, ancien ministre, met en garde : « Cette loi tuera les soins palliatifs. Pourquoi investir dans la vie quand on peut légiférer sur la mort ? » Louis Bouffard, lui, interpelle directement Sébastien Lecornu : « Monsieur le Premier ministre, avant de nous offrir le droit de mourir, donnez-nous les moyens de vivre. » Son appel est un miroir tendu à la France : « Une civilisation se juge à la façon dont elle traite ses plus faibles. Aujourd’hui, la nôtre leur propose une seringue. »

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