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  • Ici, interdiction de tomber malade : l'arrêté absurde d'un maire en colère

Le maire de Marmande multiplie les actions pour alerter sur l'inquiétante désertification médicale de son territoire. Parmi les initiatives, la plus symbolique, est d'avoir pris un arrêté interdisant à ses administrés de tomber malade.

Florence Fournier - Aujourd'hui à 12:15 - Temps de lecture :

A Marmande, près d'un habitant sur dix n'a pas de médecin traitant. Photo Rémy Perrin

A Marmande, près d'un habitant sur dix n'a pas de médecin traitant. Photo Rémy Perrin

Joël Hocquelet, maire socialiste de Marmande dans le Lot-et-Garonne, ne dispose, comme il le stipule en préambule de l'arrêté qu'il vient de signer, « ni du pouvoir de décider du nombre de médecins, ni de celui d’imposer l’ouverture de services hospitaliers, ni de celui de garantir à chaque habitant un rendez-vous médical  ».

Mais cet ancien médecin généraliste ne peut pas se satisfaire d'une situation sanitaire particulièrement inquiétante pour tout un territoire de plus de 100 000 habitants. Alors, comme l'explique La Dépêche, l'édile a pris un arrêté municipal interdisant à ses administrés de tomber malade. « Cette mesure est une plaisanterie, la situation de notre hôpital ne l’est pas », souligne-t-il auprès du quotidien régional.

Le code postal soit un indicateur de santé

A Marmande, commune d'un peu plus de 17 000 habitants, il faut faire 45 minutes à une heure de route pour consulter un spécialiste tel un dermatologue ou un ophtalmologue. Et pour un rendez-vous chez le généraliste cela tend aussi à se compliquer. Selon TF1, près de 10 % de la population n'aurait pas de médecin traitant.

Au micro du 13 heures de la chaîne, Joël Hocquelet souligne le recul d’indicateurs de santé. «  Je ne peux pas supporter que le code postal soit un indicateur de santé. Selon où vous habitez, vous avez plus ou moins de chances. Ce n’est pas la République », dénonce-t-il.

Arrêté, motion et pétition

Le centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins est plus que jamais menacé. En un an, le nombre de médecins urgentistes a été divisé par deux, passant de seize à huit. Ce qui entraîne des fermetures régulières d’un service qui ne peut plus fonctionner 24h/24.

En raison d’une situation financière dégradée, cet hôpital de proximité est sous administration provisoire de l’ARS depuis le début d’année et pourrait perdre certaines spécialités début 2027 au profit de l’hôpital d’Agen, situé à une heure de route.

Les élus locaux multiplient les actions pour interpeller. Le conseil municipal de Marmande a adopté le 28 septembre une motion consacrée « à la défense de l’hôpital et de l’accès aux soins sur le territoire ». Une motion identique sera proposée aux maires de l’agglomération pour tenter de fédérer le ras-le-bol.

Quant aux habitants, s’ils n’ont plus le droit de tomber malades, ils peuvent se rendre en mairie pour signer une pétition réclamant un système de santé réellement accessible à tous, qui sera adressée à la ministre de la Santé.

Ces arrêtés municipaux saugrenus

Si le maire de Marmande a choisi l'humour pour mettre sur la place publique la question essentielle de la désertification médicale de son territoire, d'autres édiles de nos départements ont déjà pris des arrêtés loufoques à des fins beaucoup moins vitales pour la population.

L'an dernier, pour participer à la magie de Noël, la maire de Saint-Genis-Laval (Rhône), Marylène Millet, a autorisé par arrêté municipal, le survol de la commune par le traîneau du père Noël.

Dans le département voisin de la Loire, le maire d'Andrézieux-Bouthéon, François Driol, a signé un arrêté rendant la bonne humeur obligatoire pour les fêtes de fin d'année. Du 1ᵉʳ décembre au 2 janvier, habitants de la commune ou simples gens de passage étaient officiellement invités à « arborer une mine radieuse » et à adopter une attitude positive en toutes circonstances. 

Dans l'Oise, la municipalité d'Avrechy est même allée plus loin en réglementant la circulation et le stationnement du traineau du père Noël sur les toits de la commune et encadrant les nuisances potentielles. 

Dans le même but festif, sorcières, sorciers et autres créatures volantes étaient autorisées à passer au-dessus de la commune rhodanienne de Civrieux-d’Azergues à l'occasion d'Halloween. Une décision pleine d’humour signée par la maire, Marie-Pierre Teyssier, qui souhaitait célébrer la fête comme il se doit.

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