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Plusieurs universités de la Nouvelle-Écosse, dont sa seule université francophone, peinent à remplir l’une des conditions imposées par le gouvernement provincial pour le versement d’un financement.
En avril 2025, le gouvernement néo-écossais avait annoncé des ententes de financement avec les 10 universités de la province.
Le gel des droits de scolarité des étudiants était imposé et la province augmentait de 2 % les fonds opérationnels de ces universités en 2025-2026 et 2026-2027.
Ce financement est assujetti à des conditions : les universités devaient garantir du logement à 15 % de leurs étudiants et maintenir à 5 % ou moins le taux d’inoccupation des logements sur leurs campus.
À mi-chemin de la cible
L’Université Sainte-Anne, seule université de langue française en Nouvelle-Écosse, admet ne pas atteindre cette cible.
Ses résidences ont été à l’origine ouvertes pour les étudiants en immersion française, a indiqué mardi dernier la directrice des communications de l’université, Rachelle LeBlanc.
Pendant les sessions d’immersion au printemps et en été, ces résidences sont occupées à 100 %. L’année universitaire est une histoire différente.

L'enseigne du campus de l'Université Sainte-Anne à Saint-Joseph-du-Moine, au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, le 18 juin 2025.
Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve
Selon des documents obtenus par CBC grâce à une demande d’accès à l’information, le taux d’occupation des logements étudiants à l’Université Sainte-Anne n’était que de 48 % en octobre 2025.
Le taux d’inoccupation cible de 5 % exigé pendant l’année académique est irréaliste dans notre contexte et impossible à atteindre. Cette situation risque donc d’entraîner des conséquences négatives pour l’Université Sainte-Anne, a déclaré la porte-parole, dans un courriel.
Les établissements incapables de remplir les critères liés au logement risquent de perdre des centaines de milliers de dollars en financement.
Pour l’Université Sainte-Anne, c’est une somme de 265 110 $ qui pourrait être retenue par le gouvernement provincial.
Le conseil des gouverneurs exige que le budget consolidé de l’Université soit équilibré, a souligné Rachelle LeBlanc. Il s’agit déjà d’un défi important, et les mesures supplémentaires imposées par l’entente bilatérale avec la province rendent cet objectif encore plus difficile à atteindre.
Des millions en jeu
Chaque université doit rapporter à la province le taux d’occupation de ses logements étudiants. Pour atteindre leurs objectifs, les institutions ne peuvent pas manipuler les statistiques en réduisant, par exemple, le nombre de places disponibles.
Aux universités qui n’atteignaient pas les chiffres visés en octobre dernier, la province a offert un compromis. On leur demande d’être 25 % plus près des cibles d’ici février 2027.
Les statistiques d’octobre 2025 montrent également que l’Université Acadia, à Wolfville, et l’Université Mount Saint Vincent, à Halifax, n’ont pas le taux d’inoccupation de 5 % ou moins demandé.
À Mount Saint Vincent, 89 % des logements étudiants ont trouvé preneurs, ce qui pourrait mener à la perte de 679 382 $ en financement provincial.
En octobre, 85 % des 1556 logements étudiants étaient occupés à Acadia.
Pour la session d’hiver, ce nombre a baissé à 82 %, a indiqué en entrevue Chad Johnstone, directeur des résidences et de la vie étudiante à cette université.

Le pavillon principal de l'Université Acadia, à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, le 30 octobre 2025.
Photo : Radio-Canada / Brian MacKay
Historiquement, le taux d’occupation a varié de 87 % à 90 %, indique-t-il.
Il souligne que l’Université Acadia avait construit un peu plus de logements que ce qu’elle croyait nécessaire, pour se donner une certaine latitude. Les conditions exigées par la province depuis l’an dernier compliquent donc la vie d’Acadia, et lui font risquer de perdre un financement de 1 038 475 $.
Selon toutes les archives que nous avons pu trouver, nous n’avons jamais eu un taux d’occupation de 95 %, déclare Chad Johnstone. Si c’est arrivé, c’était certainement avant que les ordinateurs apparaissent sur le campus.
À l’opposé, 98 % des logements étudiants de l’Université St. Francis Xavier, à Antigonish, étaient occupés en octobre, et 96 % durant la présente session d’hiver, selon la vice-présidente aux affaires étudiantes, Elizabeth Yeo.
L’institution remplit donc les critères pour maintenir le financement promis de plus de 1,1 million $.
D’après le reportage de Shaina Luck (CBC) et avec des renseignements de Kheira Morellon


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