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  • Canicule : pourquoi l’exposition plein ouest est la pire qui soit (contrairement à ...

Longtemps recherchée pour sa lumière, l’exposition plein ouest peut devenir un piège, notamment lors des épisodes de fortes chaleurs. On fait le point avec un urbaniste spécialisé dans l'adaptation au climat.

Ysé Rieffel - Aujourd'hui à 17:05 | mis à jour aujourd'hui à 17:05 - Temps de lecture :

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Sur les annonces immobilières, l’exposition plein ouest est souvent un argument de vente : elle promet une belle luminosité et des couchers de soleil. Mais en réalité, cela peut vite devenir un piège thermique lors des épisodes de fortes chaleurs. « Du point de vue thermique, c’est une façade sur laquelle vous recevez très peu d’ensoleillement en hiver et énormément en été. En somme, elle reçoit beaucoup d’énergie au pire moment et relativement peu là où on voudrait en avoir », résume Clément Gaillard, urbaniste spécialisé dans l'adaptation au climat. À l’inverse, la façade sud reçoit le plus d'énergie pendant l'hiver, au moment où les besoins de chauffage sont les plus importants... et moins en été, le soleil étant très haut en pleine journée.

Comment expliquer ce phénomène ? Une façade ouest reçoit de l'énergie solaire en deuxième partie de journée. À ce moment-là, la température de l'air à l'intérieur du bâtiment a déjà augmenté. Et le vitrage joue un grand rôle : « Dans un bâtiment, vous avez presque 100 fois plus d’énergie qui passe par une même surface de vitrage que par une même surface de mur opaque », souligne l’expert. Ce dernier explique aussi qu’à l’ouest, contrairement au sud, le soleil se couche sur l'horizon. « En période estivale, à l’ouest, comme à l’est, le soleil frappe vraiment perpendiculairement à la façade. Ça complique énormément l’ombrage par des moyens simples. » Et Clément Gaillard de poursuivre : « La puissance de l'énergie solaire reçue par une façade ouest peut être jusqu’à trois fois supérieure en été par rapport à l’hiver. »

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La situation est d’autant plus critique lorsque le logement est mono-orienté vers l'ouest, c’est-à-dire quand il possède des fenêtres sur une seule façade. « C’est vraiment ce qu’il y a de pire. » Et pour cause, il n’y a pas de possibilité d’aérer comme dans un appartement traversant. La chaleur entre... mais ressort donc difficilement.

« Un piège à chaleur »

« Si vous avez une chambre à l'ouest en mono-orienté, c'est la garantie de cuire jusqu'à 22 heures », poursuit l’expert. Dans certains cas, si rien n’est fait, un appartement plein ouest peut dépasser les 40 °C, selon lui. « C'est vraiment un piège à chaleur », martèle l’urbaniste. La situation peut devenir d’autant plus critique lorsque le logement se situe sous les toits.

Récemment, il a été appelé en pleine canicule pour une résidence sénior dans le sud de la France, livrée en 2025, qui avait des problèmes de surchauffe. Le bâtiment avait été conçu en mono-orientation ouest et les arbres censés protéger la façade du soleil avaient été supprimés pendant le chantier. « C'est typique de ce qui m'arrive 80 % du temps : on m'appelle une fois que toutes les décisions ont été prises, que le bâtiment a été construit », déplore Clément Gaillard, qui a fait le récit de cette situation sur X, pour « sensibiliser » sur ces « erreurs régulières ».

« Je leur ai recommandé de mettre des brasseurs d'air et de contacter un bureau d'études pour climatiser la résidence. » Mais pour lui, le niveau d'inconfort dans cette résidence est irrattrapable : beaucoup de logements plein ouest continuent d’être construits pour des raisons de rentabilité, pointe l'urbaniste. « C'est une décision qui paraît anodine mais qui va créer des conséquences désastreuses du point de vue du confort des habitants », alerte Clément Gaillard.

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« Interdire le mono-orienté »

Que faire lorsque vous êtes concerné ? Stores extérieurs, volets roulants, brise-soleil verticaux ou encore voiles d'ombrage installés sur un balcon… « Il faut à tout prix ombrager le plus loin possible du bâtiment », recommande l’urbaniste. Lorsque cela est possible, il conseille également de favoriser la ventilation naturelle en créant des courants d'air dans les logements traversants. Dans un appartement mono-orienté, un brasseur d'air ou un ventilateur de plafond peut améliorer le confort jusqu'à des températures intérieures d'environ 31 à 32 °C.

Cependant, pour Clément Gaillard, le problème ne se règle pas uniquement avec des stores ou des ventilateurs : il se dessine sur la table à dessin. « Il faudrait interdire le mono-orienté en plein ouest. Ou alors le mettre sous conditions. »

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