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La communauté mi’gmaw multiplie les projets pour accroître sa production agroalimentaire dans le but de mieux nourrir ses membres tout en créant des emplois.
Listuguj a récemment obtenu près de 403 000 $ du ministère fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire pour construire une ferme hydroponique. Si tout se passe comme prévu, des laitues et des fines herbes pourront y être cultivées dès 2027, et ce, 12 mois par année.
Pour mener à bien le projet, la communauté a récemment conclu un partenariat avec Growcer, une entreprise qui conçoit des systèmes modulaires autonomes pour cultiver des aliments dans l’eau plutôt qu’en terre. Growcer a déjà développé des infrastructures hydroponiques dans plusieurs communautés autochtones au pays.

Voici un exemple d'une ferme hydroponique construite par Growcer à Ottawa. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola
Cette année, c’est notre année de planification, indique la directrice du développement économique au gouvernement mi’gmaw de Listuguj, Loni Vicaire. Nous allons décider du site et le préparer en plus de former des employés.
Des serres bientôt fonctionnelles
De plus, la communauté de Listuguj va utiliser pour la première fois cet été deux nouvelles serres alimentées en électricité par des panneaux solaires.

L'aménagement intérieur des serres sera finalisé dans les prochaines semaines. Les infrastructures ont coûté plus de 712 000 $. Le gouvernement fédéral a versé près de 677 000 $ pour la construction.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Ces infrastructures ont été construites sur un terrain appartenant à la communauté sur le chemin de Bordeaux, à Pointe-à-la-Croix, juste à côté d'un grand jardin cultivé depuis plus de cinq ans par la communauté.
La coordonnatrice du jardin, Sue Ann Clement, espère pouvoir faire pousser des légumes dix mois par année dans ces serres.
Nous pensons cesser la production en décembre et en janvier, mais nous espérons cultiver le plus longtemps possible, indique Mme Clement. Nous avons les panneaux solaires et nous espérons générer des revenus en revendant nos surplus d’électricité à Hydro-Québec.

Les panneaux solaires sont installés près des jardins, non loin des serres. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté d'April Isaac
Depuis plusieurs années, Listuguj redistribue gratuitement les légumes produits dans le jardin communautaire aux membres de la communauté.
Beaucoup de gens se présentent et sont excités, explique avec enthousiasme Sue Ann Clement. J'en ai certains qui reviennent et disent : "Depuis que vous avez commencé ça, je cherche de nouvelles recettes. J'essaie un nouveau légume chaque fois."
C'est excitant de voir que les gens veulent faire un grand changement dans leur alimentation et qu'ils le font eux-mêmes, aussi.
L’an prochain, Mme Clement souhaite mettre en place un abonnement de paniers de légumes dans la communauté de Listuguj, parallèlement à la distribution gratuite des légumes pour les plus vulnérables.

Listuguj souhaite développer des abonnements à des paniers de légumes en 2027. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Pour la directrice générale du développement économique du gouvernement mi'gmaw de Listuguj, les nouvelles infrastructures permettront à la communauté une plus grande autonomie alimentaire.
Je pense que c'est vraiment important, la souveraineté alimentaire de Listuguj. Nous voulons être capables d’avoir un accès autonome et durable à la nourriture, à des aliments sains.
Nous voulons être capables de cultiver plus d’aliments, d’en fournir plus à la communauté et de les commercialiser un peu aussi, ajoute-t-elle.
Un pôle alimentaire espéré
En plus des serres et de la future ferme hydroponiques, la communauté de Listuguj rêve déjà de construire un pôle alimentaire dans les cinq prochaines années.
Loni Vicaire cite en exemple la Ferme Bourdages Tradition de Saint-Siméon lorsqu’elle explique sa vision du lieu : un kiosque de vente de produits frais et transformés combiné à un lieu de restauration.
Nous devons être capables de créer des revenus autonomes afin de ne pas dépendre de différentes sources de financement et autres, précise Mme Vicaire. Nous voulons aussi pouvoir offrir des emplois à l'année et des emplois variés.

La directrice du développement économique de Listuguj, Loni Vicaire (à gauche), et la coordonnatrice des jardins, Sue Ann Clement (à droite)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La coordonnatrice du jardin, Sue Ann Clement, souligne que plusieurs autres initiatives sont à venir, dont la mise en place d’un programme d’aide pour le jardinage.
Nous voulons aider les gens avec leur propre jardin dans leur cour, explique-t-elle. Et si, disons, certains veulent juste cultiver des tomates, eh bien, ils cultivent les tomates, puis ils pourraient revenir les échanger contre d’autres légumes dans un futur pôle alimentaire.
Que plus de gens travaillent et aiment cultiver des aliments, c’est vraiment mon objectif principal, ajoute Sue Ann Clement.
Actuellement, huit employés saisonniers travaillent dans le jardin communautaire de Listuguj.


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