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Amazon prévoit, au total, la suppression de 30 000 postes dans le monde, officiellement pour corriger les recrutements de la période Covid. En réalité, ces licenciements visent surtout à dégager des marges pour rattraper son retard et investir massivement dans l’intelligence artificielle.
Article rédigé par franceinfo - Claire Sergent
Radio France
Publié le 29/01/2026 07:45 Mis à jour le 29/01/2026 07:47
Temps de lecture : 3min
Amazon emploie, au total, plus de 1,5 million de personnes dans les monde (photo d'illustration). (INA FASSBENDER / AFP)
Amazon va supprimer 16 000 postes, le géant américain l'a confirmé mercredi 28 janvier dans une note adressée à ses employés. Il y a trois mois, la société dirigée par Jeff Bezos avait déjà lancé une vaste vague de licenciements. Au total, 30 000 postes doivent être supprimés entre octobre et aujourd’hui, sur plus d’1,5 million de personnes employées dans le monde. Trente mille postes en moins, cela ne représente que 2% de ses effectifs. Si on appliquait ce taux en France, où Amazon emploie 25 000 personnes, cela représenterait environ 500 emplois supprimés. L’entreprise assure d’ailleurs que des postes seront proposés aux salariés lorsque c’est possible.
Le géant américain se justifie en affirmant qu'il y a eu trop d’embauches pendant la pandémie. Il faut désormais éliminer une bureaucratie jugée excessive et réduire le nombre de managers. Amazon précise d’ailleurs que les suppressions de postes concernent surtout les emplois de bureau, et aucun dans les entrepôts. Il est vrai que toute la Silicon Valley a surembauché entre 2020 et 2022, mais cet argument ne suffit pas à expliquer l’ampleur de cette nouvelle vague de licenciements.
L’autre explication, c’est l’intelligence artificielle, qui commencerait déjà à remplacer certains postes. Andy Jassy, le directeur général d’Amazon, avait laissé entendre, à l'été 2025, que l’utilisation de nouveaux outils d’intelligence artificielle permettait d’automatiser certaines tâches. Conséquence : certains emplois administratifs ne seraient plus nécessaires. Une explication qui arrange Amazon. Selon Jacques-Aurélien Marcireau, spécialiste des actions technologiques chez Edmond de Rothschild, les outils d’IA qu’Amazon développe n’ont pas encore eu d’effets significatifs sur l’emploi. Invoquer l’accélération de l’intelligence artificielle permet de faire passer un événement négatif pour quelque chose de positif auprès des investisseurs. Au lieu de dire "on licencie parce qu’on doit faire des économies", on affirme au contraire que l’entreprise maîtrise les nouvelles technologies.
Au-delà de la course à l’IA, Amazon est surtout à la traîne. Avez-vous entendu parler récemment de nouveaux outils ou de nouveaux modèles de langage développés par Amazon ? Non. L’entreprise est dépassée par d’autres Gafam, tout en étant contrainte de continuer à investir massivement. En douze mois, sa trésorerie a fondu. Elle n’affiche plus que 14 milliards de dollars d’excédents, contre près de 70 milliards auparavant. Pourquoi ? Parce qu’Amazon puise dans ses réserves pour investir.
Dans ce contexte, licencier 30 000 personnes représenterait environ six milliards de dollars d’économies par an, que l’entreprise compte bien réinvestir dans l’intelligence artificielle.


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