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Un nombre record de Canadiens ont fréquenté des banques alimentaires au pays, d’après un nouveau rapport de Banques alimentaires Canada, qui a recensé 2,3 millions de visites en mars dernier. L’organisme national attribue la situation à la « crise de l’abordabilité ».
Au total, 2,3 millions de visites ont été effectuées dans des banques alimentaires en mars 2026.
Il s’agit d’une hausse de 8,7 % par rapport à mars 2025 et de 116,8 % comparativement à mars 2019.
Les enfants représentent le tiers de la clientèle des banques alimentaires, d’après le rapport Bilan-Faim 2026.
Les données sont collectées lors du mois de mars auprès des banques alimentaires puisqu’il s’agit d’un mois ordinaire, sans tendances prévisibles de forte ou de faible utilisation, précise le rapport.
Des difficultés financières cumulatives
L’organisme national attribue la croissance du nombre des visites aux difficultés financières cumulatives auxquelles sont confrontés les Canadiens, malgré le ralentissement de l’inflation ainsi que la stabilisation de certains indicateurs économiques.
Depuis 2021, les coûts des aliments ont augmenté d’environ 30 %, ceux du logement de 28 % et ceux des transports de près de 24 %.
L’abordabilité du logement est devenue l’un des prédicteurs les plus clairs de l’insécurité alimentaire, note le rapport.

Les banques alimentaires peinent à répondre à la demande. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Cole Burston
Les auteurs du rapport déclarent que l’emploi ne suffit plus pour protéger les gens contre les graves difficultés. Près de 18 % des personnes qui visitent les banques alimentaires déclarent un revenu d’emploi comme principale source de revenus, lit-on.
Les banques alimentaires souffrent
Les banques alimentaires, pendant ce temps, peinent à répondre à la demande.
Plus de la moitié des banques disent distribuer moins de nourriture qu’elles ne le souhaiteraient parce que les fournitures ou les infrastructures sont insuffisantes.
En 2026, 51 % des banques alimentaires ont dû donner moins de nourriture qu’à l’habitude et 21 % ont manqué de nourriture avant que la demande soit comblée, comparativement à 20 % et à 10 % respectivement en 2021.
Banques alimentaires Canada constate aussi que l’augmentation du prix du carburant en raison du conflit au Moyen-Orient a touché les banques alimentaires. Les deux tiers d’entre elles ont fait savoir que cela avait eu des répercussions sur leur budget.
Au mois de mars, une banque alimentaire de la région de Toronto a même vu un navire transportant des produits qu’il avait commandés être endommagé dans le détroit d’Ormuz.
Une réponse exigée
Pour s’attaquer au problème, Banques alimentaires Canada réclame entre autres une réforme de l’assurance-emploi, qui, selon elle, ne répond plus aux besoins à la main-d'œuvre d’aujourd’hui, qui travaille de plus en plus à temps partiel, de manière temporaire ou à contrat.
L’admissibilité est liée à l’accumulation d’heures assurables au cours d’une période donnée, avec des seuils qui varient selon la région, déplore l’organisme. L’organisme salue néanmoins les ajustements à l’assurance-emploi apportés, afin de venir en aide aux travailleurs touchés par la guerre commerciale.
Banques alimentaires Canada souhaite aussi que l’allocation canadienne des travailleurs soit doublée et qu’une étude parlementaire fédérale sur la suffisance de l’aide sociale soit entreprise par le Comité permanent des ressources humaines.
Le rapport fait au total 11 recommandations. La publication du document survient à un peu moins de deux semaines du dépôt du budget fédéral.


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