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Il ne fait toujours pas bon être gay, lesbienne, ou bisexuel(le) en Belgique. En 2025, Unia, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations, a enregistré près de 311 signalements liés à l'orientation sexuelle. Soit près d'un par jour.
Dans près de la moitié des cas (151), un dossier a été ouvert par Unia. Un taux deux fois plus élevé que pour les autres critères de discrimination (le handicap, l'âge, la prétendue race...), ce qui témoigne de la gravité des infractions signalées, souligne le Centre.
Les agressions dans l'espace public (61 dossiers) sont les plus nombreuses, avant le harcèlement homophobe sur le lieu de travail (en augmentation) et les attaques médiatiques, souvent des insultes sur les réseaux sociaux.
Propos haineux, agressions, traquenards : hausse inquiétante des délits de haine homophobesDes coups, des blessures, du harcèlement
Les chiffres publiés à la veille de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie (le 17 mai), qui restent semblables à 2024, montrent que les violences homophobes se maintiennent. D'autant que ces statistiques cachent un sous-rapportage important: de nombreuses victimes préfèrent ne pas se manifester, que ce soit auprès de la police ou d'autres instances comme Unia.
Sur les 142 dossiers clôturés en 2025, pour lesquels une qualification juridique a été possible, les actes de haine occupent une place centrale (4 dossiers sur dix). Il s'agit de faits pénalement condamnables, proncipalement des coups et blessures et du harcèlement.
Les hommes gays et bisexuels sont les premières victimes de ces crimes de haine, avant les femmes lesbiennes et homosexuelles.
Pour le reste, 39% des dossiers concernent des discriminations dans l'emploi, le logement, les biens et les services, relève encore Unia. Un chiffre en hausse.
Romain a été roué de coups après un baiser en rue à BruxellesUn signal clair à la société
En 2025 et au premier trimestre 2026, dix dossiers de violences homophobes, dans lesquels Unia s'est porté parie civile, sont passés devant les tribunaux. Dans neuf cas sur dix, le mobile discriminatoire a été retenu comme circonstance aggravante. "Cette reconnaissance est essentielle pour renforcer les sanctions et envoyer un signal clair à la société", se félicite Unia.
Dans certaines affaires de guet-apens tendus à des gays, les tribunaux ont systématiquement balayé l'argument de "chasse aux pédophiles" brandi comme argument par la défense. "Ce vieil amalgame infamant et totalement infondé n'a convaincu aucun juge", souligne le Centre.
"Il y a quelque chose de viscéral qui s'exprime dans les violences homophobes"Le masculinisme sur les réseaux sociaux
Il reste que les préjugés et l'intolérance semblent repartir à la hausse. Un récent rapport de Lumi (la ligne d'écoute de Cavaria, la fédération des associations LGBTQI+ flamandes) témoigne d'une hausse de 15% des appels concerant des situations d'angoisse ou de dépression. RainbowHousse Brussels et Prisme (les homologues bruxellois et wallon) pointent aussi l'émergence sur les réseaux sociaux de certains mouvements réactionnaires, comme le masculinisme. "Nous aurions tort de penser que la lutte contre l'homophobie et la biphobie ait été gagnée", commente Patrick Charlier, directeur d'Unia. "Les discriminations et les actes de violence persistent et évoluent avec des discours réactionnaires nouveaux."
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