NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Il était savoureux de voir libéraux et caquistes s’offusquer de voir l’Ontario utiliser l’argument de l’instabilité politique du Québec pour convaincre le gouvernement Carney de choisir Toronto plutôt que Montréal comme siège de la future Banque de la défense.
Le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean Boulet, a dénoncé des « arguments de peur » qui, aux dires du leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Tanguay, « n’ont pas leur place » dans cette compétition entre les deux villes.
La première ministre Fréchette n’a pas voulu s’abaisser à commenter ce coup bas. « Je n’embarque pas là-dedans », a-t-elle dit, préférant invoquer des arguments plus nobles, comme l’expertise du Québec en matière d’aéronautique ou d’aérospatiale.
Cette soudaine pudeur à évoquer l’instabilité que créeraient l’élection d’un gouvernement péquiste et l’éventualité d’un référendum relève de la tartufferie. Depuis que le Parti québécois (PQ) est rené de ses cendres et a pris la tête dans les sondages, la Coalition avenir Québec et le PLQ rivalisent de prédictions funestes.
Depuis le « coup de la Brink’s », en 1970, on s’est employé de toutes les façons possibles, et avec un indéniable succès, à convaincre les Québécois que la perspective de l’indépendance ferait fuir investissements et emplois. Faut-il comprendre de l’émoi de ces vierges offensées qu’il est permis de faire peur au monde quand on est entre nous, mais qu’il est inacceptable que d’autres fassent la même chose ?
***
D’ailleurs, pourquoi l’Ontario se priverait-il de cet argument ? Tous les coups sont permis quand il s’agit de s’arracher les « emplois payants » si chers à François Legault. L’automne dernier, où était le fair play quand Doug Ford a tenté de débaucher les médecins québécois qui ne décoléraient pas contre la loi 2 ?
Le premier ministre ontarien n’a certainement pas oublié l’extraordinaire profit que sa province a tiré de l’élection du PQ, le 15 novembre 1976, puis de l’adoption de la loi 101. Le Conseil du patronat a calculé que 263 sièges sociaux ont quitté le Québec entre janvier 1977 et novembre 1978, dont la grande majorité a déménagé à Toronto. Plus de 131 000 anglophones sont partis durant le premier mandat du PQ.
Pour renforcer une économie mise à mal par la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump, un nouvel exode serait une véritable bénédiction pour l’Ontario. Rien n’assure qu’une victoire du PQ en octobre prochain provoquera un phénomène de cette ampleur, mais les entreprises inquiètes seront sans doute invitées à composer le 1 800 Doug Ford.
Dans un pays aussi vaste, dont les intérêts économiques sont souvent contradictoires, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres aussi sûrement qu’il est réjouissant d’assister à la dégringolade des Maple Leafs, alors que le Canadien semble à l’aube d’une nouvelle période de gloire.
Au moment où le premier ministre Carney s’emploie à développer une nouvelle solidarité canadienne, on peut néanmoins se désoler de voir la province voisine miser sur la désunion. Les cris d’indignation qu’a provoqués l’argumentaire présenté par l’Ontario pour s’approprier la Banque de la défense seraient cependant plus crédibles si tous les partis représentés à l’Assemblée nationale s’engageaient à ne pas l’imiter au cours de la prochaine campagne électorale.
***
Tout cela place le premier ministre Carney dans une position pour le moins inconfortable. Que faudrait-il penser du nouveau « partenaire » à Ottawa, s’il cautionnait d’une manière ou d’une autre les sombres manœuvres de l’Ontario, dont lui-même représente une circonscription à la Chambre des communes ?
Il dissiperait tous les doutes en installant la Banque de la défense à Montréal, mais les Ontariens l’accuseraient d’avoir cédé devant la menace séparatiste, comme il l’a fait en promettant un pipeline à l’Alberta, même si la métropole peut légitimement prétendre avoir toutes les qualités qui justifieraient qu’elle soit choisie.
Paul St-Pierre Plamondon pourrait également y voir la démonstration qu’il est faux de prétendre qu’une victoire du PQ créerait une incertitude nuisible au Québec. L’arrivée d’une institution destinée à financer le réarmement de l’Occident ne constituerait-elle pas la plus éclatante preuve du contraire ?
Si c’est Toronto qui en hérite, il pourra dire que le fait de rejeter une candidature d’une qualité aussi évidente que celle de Montréal démontre que les dés étaient pipés et que le Québec sera toujours perdant dans la fédération.
M. Carney pourrait aussi attendre après les élections québécoises avant d’annoncer son choix, mais cela pourrait être perçu comme une sorte de chantage : si vous votez du bon bord, vous avez une chance d’avoir la Banque, sinon…


1 month_ago
39



























.jpg)






French (CA)