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Quelques instants avant que des agents de l'ICE (United States Immigration and Customs Enforcement, police de l'immigration) n'abattent Alex Pretti, un infirmier en soins intensifs de 37 ans, à Minneapolis le 24 janvier, ils l'ont aspergé au visage de bombe au poivre. Le gaz au poivre et le gaz lacrymogène peuvent tous deux neutraliser une personne en provoquant une douleur brûlante intense et en rendant la respiration difficile.
Sur certaines images, on voit nettement les agents de la police aux frontières abuser de cette substance –considérée comme une arme chimique non létale– pour contrôler les foules, en particulier celles protestant contre la répression de l'immigration de plus en plus violente menée par l'administration Trump, relate Forbes dans un article.
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D'après les registres des marchés publics, le gouvernement s'approvisionne principalement auprès d'un petit groupe d'entreprises peu connues. L'an passé, elles ont ainsi signé des contrats avec l'ICE pour la fourniture d'armes et d'équipements chimiques. Le contrat le plus important à ce jour a été conclu avec l'U.S. Customs and Border Protection (CBP), l'agence mère de la police des frontières.
Trois entités au cœur de ce marché
Quantico Tactical, distributeur d'armes et de gilets pare-balles basé à Aberdeen (dans l'État de Caroline du Nord), est de loin le principal fournisseur d'armes chimiques à l'ICE et au CBP durant le second mandat de Donald Trump.
La société a vendu pour 4,7 millions de dollars (4 millions d'euros) de gaz lacrymogène et de spray au poivre à ces agences depuis janvier 2025, soit près de trois fois plus que les 1,7 million de dollars de ventes de l'année précédente. Quantico Tactical a également fourni des munitions plus classiques à l'ICE; son plus gros contrat avec cette agence, d'une valeur de 10 millions de dollars (8,3 millions d'euros environ), portait sur des «armes à feu et des chargeurs» et a été signé en septembre 2025.
La deuxième société sollicitée, Safariland, qui appartient à Cadre Holdings, a constitué au fil des ans un important portefeuille d'entreprises spécialisées dans l'armement et les blindages pour la défense et les forces de l'ordre. Cadre Holdings possède également plusieurs autres sous-traitants de l'ICE, dont la société canadienne Icor Technology, qui a vendu l'an dernier à l'agence un robot capable d'ouvrir des portes, de monter des escaliers et de lancer des grenades fumigènes.
Enfin, Safariland vend également du matériel par l'intermédiaire d'ADS (Atlantic Diving Supply), basé à Virginia Beach, dans l'État de Virginie. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, ADS a vendu pour plus de 400.000 dollars (334.000 euros environ) de gaz au poivre et lacrymogène à l'ICE et au CBP. C'est également l'un des principaux fournisseurs de l'ICE en technologies militaires et d'intelligence artificielle, comme des drones, des gilets pare-balles, des armes et des munitions.
Pour ces trois entreprises, de tels bénéfices en 2026 pourraient ne plus être d'actualité si le contexte politique se retournait contre l'ICE. Après la mort d'Alex Pretti, les élus démocrates au Congrès se sont mobilisés pour voter contre une augmentation budgétaire qui accorderait à l'ICE 10 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros environ) supplémentaires pour l'exercice à venir.





























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