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Aux prises avec une saison de la grippe plus hâtive que d’habitude et la période des Fêtes qui approche à grand pas, plusieurs urgences au Québec débordent. Lundi matin, Index Santé recensait que le taux d’occupation des urgences en moyenne à travers la province se situait à 116 %. Ce taux environne les 120 % depuis les dix derniers jours.
La situation est particulièrement préoccupante dans les hôpitaux des Laurentides, où les urgences sont à 169 % de capacité, ainsi que dans Chaudière-Appalaches (151 %), à Montréal (140 %), à Laval (137 %), en Montérégie (129 %), dans Lanaudière (127 %) et en Outaouais (123 %).
La semaine dernière, l’Institut national de santé publique du Québec notait plus de 3500 cas positifs d’influenza. « C’est vraiment une grande vague, les taux de positivité sont énormes », observe le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ), en entrevue au Devoir.
Face à cette vague, le Dr Boucher recommande aux patients atteints de la grippe de se soigner à la maison pour désengorger les urgences. « Ce n’est pas agréable d’avoir la grippe. On se sent vraiment amoché, mais il n’y a pas de traitement pour ça. Il faut attendre parce qu’en ce moment, les urgences sont vraiment débordées avec des patients comme ça », illustre l’urgentologue.
À l’échelle de la province, c’est près d’un patient sur quatre qui ne peut voir de médecin en se présentant à l’urgence, indique le Dr Gilbert Boucher. « Il y a énormément de gens, malheureusement, qui quittent sans voir de médecin parce qu’on a juste trop de patients avec le virus [de la grippe] en ce moment. »
Grippe et temps des Fêtes
L’année dernière, le pic de la maladie s’était produit fin février. Cette année, c’est dès la fin décembre que le pic devrait survenir. Une arrivée hâtive, qui n’est pas survenue depuis 2022 et qui représentera un certain défi, estime le président de l’ASMUQ.
D’abord, la période des Fêtes entraîne un certain ralentissement dans les services des hôpitaux, bien que les horaires du personnel soient « pleins ». Les rassemblements qu’entraînent les Fêtes sont aussi particulièrement propices à la propagation du virus.
« Puis, finalement, il a fait quand même relativement froid dans le dernier mois. Ça veut dire plus de rassemblements à l’intérieur. Ça veut dire plus de contamination, plus de gens qui sont malades, poursuit le Dr Boucher. Puis, on le voit dans les écoles, les enfants sont vraiment en train d’atteindre les adultes. »
Toutefois, « malgré l’achalandage, malgré le fait qu’il y a quand même beaucoup de lits, en ce moment, d’occupés, on n’est pas pris avec des patients qui passent trois ou quatre jours à l’urgence encore », affirme le Dr Boucher. « Le système est capable de répondre à la demande, mais ça reste que nos salles d’attente, les patients ambulatoires, on n’est vraiment pas capable de tous les voir en ce moment. L’achalandage ne diminue pas du tout. »


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