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Les dernières déclarations du locataire de la Maison-Blanche pourraient être interprétées comme un recul. Son ancien conseiller à la sécurité nationale affirme qu’il «fait marche arrière». Dans le même temps, Téhéran promet qu’il n’y aura «pas de pendaison» ce jeudi.
Les États-Unis vont-ils lâcher du lest sur Téhéran ? Donald Trump a affirmé mercredi que «les tueries» en Iran avaient «pris fin» après la répression de manifestations par les autorités. Il a toutefois entretenu le flou sur une éventuelle intervention militaire américaine, indiquant que Washington suivait de près la situation. «Nous avons été informés par des sources très importantes de l'autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin», a déclaré le président américain lors d'un événement à la Maison-Blanche, précisant que ces mêmes sources avaient affirmé que les exécutions prévues de manifestants n'auraient finalement «pas lieu».
Interrogé par un journaliste de l'AFP pour savoir si une intervention militaire américaine était désormais écartée, Donald Trump a répondu: «On observera ça et on verra quelle est la suite.» Ces derniers jours, le président américain a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement pour mettre fin à la répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979. La veille, il avait laissé entendre qu’il penchait en faveur d’une frappe, écrivant sur les réseaux sociaux à l’intention des manifestants iraniens : «L’AIDE EST EN ROUTE.»
Départ de militaires américains du Qatar
La dernière sortie du président américain pourrait donc être interprétée comme un recul. «Il fait marche arrière [...] Il cherche une porte de sortie», a affirmé sur CNN son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. Mais si le président américain «ne fait rien», «ce sera un coup porté à sa crédibilité parce qu’il a fixé des lignes rouges et le régime (iranien) les a franchies», ajoute-t-il.
Trump garde pourtant les options militaires sur la table, selon le New York Times, qui rappelle qu’«en juin, juste avant que l’armée américaine ne mène des frappes aériennes sur trois sites nucléaires en Iran , M. Trump avait déclaré qu’il prendrait une décision “dans les deux les semaines”. En réalité, il avait déjà largement pris sa décision d’attaquer à ce moment-là». Et le quotidien américain de citer un haut responsable américain expliquant que la décision de Donald Trump dépendrait des prochaines actions des services de sécurité iraniens. Des frappes ciblées sur cet appareil sécuritaire et des cyberattaques font partie des alternatives aux frappes envisagées par le Pentagone.
L’Iran a annoncé la fermeture de son espace aérien mercredi soir. Devant ces «tensions régionales», le Qatar a fait état du départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient. Mais le Pentagone était prêt à faire revenir les troupes à la base après les déclarations de Donald Trump mercredi, selon un responsable militaire américain cité par le New York Times. Un autre explique que des bombardiers à longue portée avaient été mis en «état d’alerte» pour mener des frappes secondaires si nécessaire. «Mais cela semblait avoir été suspendu mercredi après-midi», écrivent nos confrères. En parallèle, le Royaume-Uni a annoncé avoir «fermé temporairement» son ambassade à Téhéran, tandis que l’Espagne et l’Inde ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran.
Des milliers de manifestants tués, selon les ONG
Du côté de Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a affirmé qu'il n'y aurait «pas de pendaison aujourd'hui (mercredi) ou demain (jeudi)» dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News. «Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel», a pour sa part lancé le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi, mercredi à des médias. Selon l'ONG Hengaw, basée en Norvège, l'exécution d'un Iranien de 26 ans arrêté au cours des manifestations, Erfan Soltani, prévue mercredi, a été reportée mais sa vie reste en danger.
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Les défenseurs des droits humains accusent la théocratie chiite de mener une répression brutale à huis clos, dans un pays de près de 86 millions d'habitants coupé d'internet depuis près d'une semaine sur décision des autorités. Selon le dernier bilan de l'ONG Iran Human Rights (IHR), également basée en Norvège, au moins 3428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre. «Ce chiffre est un minimum absolu», avertit l'organisation, qui fait aussi état de plus de 10.000 arrestations. Le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir jeudi, à la demande des États-Unis, pour «un briefing sur la situation en Iran», a annoncé un porte-parole de la présidence somalienne.
Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant une «marche de résistance nationale» et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres «martyrs» tués. Des banderoles proclamant «mort à l'Amérique» et des photos du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l'AFP, de même qu'une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d'une tentative d'assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende: «Cette fois il ne manquera pas sa cible».
«L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction»
Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, «le calme règne» à présent dans le pays, et les autorités ont le «contrôle total» de la situation. Si le ministre a dit que Téhéran était ouvert à la diplomatie, d'autres responsables ont durci le ton mercredi envers les États-Unis et Israël. L'Iran est prêt à riposter «de manière décisive» à toute attaque, a notamment averti le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour.
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Dans le même temps, le pouvoir judiciaire a promis des procès «rapides» et «publics». «Toute société peut s'attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence», a insisté mercredi un responsable gouvernemental devant quelques journalistes, affirmant qu'aucune nouvelle «émeute» n'avait eu lieu depuis lundi. «L'Iran n'a jamais vu un tel niveau de destruction», avait déclaré plus tôt le chef d'état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, en référence aux actes de violence survenus lors des manifestations. Les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l'identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.
Avant les propos de Donald Trump, les défenseurs des droits humains avaient exprimé leur inquiétude face à de potentielles exécutions express. Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour consécutif, entravant l'accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées. La répression pourrait être «la plus violente» de l'histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à y mettre fin «impérativement».


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