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ENTRETIEN EXCLUSIF - Dans un essai détonant et touffu, le psychiatre Christophe Dejours et le philosophe Gabriel Perez décryptent les mutations sans précédent du monde du travail. À la fois fascinant et vertigineux.
«Savoir, c’est pouvoir», écrivait le philosophe Francis Bacon. Mais une overdose de savoir et de pouvoir est-elle vraiment souhaitable ? À ce sujet, la rentrée littéraire chez Grasset met entre nos mains un ouvrage ambitieux et profond, qui donne du grain à moudre : La souffrance éthique ; déserter, collaborer, ou résister ? Il est signé par Christophe Dejours, psychiatre, psychanalyste, et auteur d’une œuvre considérable, et Gabriel Perez, professeur de philosophie et psychologue du travail. En préambule de ce livre, on peut lire ces mots : «Aux travailleurs de chez Grasset ; à tous ceux qui font des livres pour penser ; à ceux qui résistent ; à ceux qui honorent le travail et la vie.» Prenons de la hauteur.
LE FIGARO. - Vous avez théorisé dans ce livre un concept nouveau que vous avez baptisé « la souffrance éthique. » Pouvez-vous le définir ?
Christophe DEJOURS et Gabriel PEREZ - La clinique du travail s’attache à analyser les rapports entre l’organisation du travail et ses effets sur la santé mentale des travailleurs. Or, dans l’après-guerre et jusqu’à la fin du siècle, on a pu observer…


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