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Les Sabres prolongent la disette du trio de Nick Suzuki

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BUFFALO, New York – Mieux vaut se méfier des équipes qui sont sur une trajectoire irrésistible et pour qui minuit ne sonne jamais. Le carrosse des Sabres de Buffalo ne s'est jamais transformé en citrouille.

C'est important de le rappeler : le 9 décembre, ils étaient derniers de l’Association de l'Est avant de devenir, à partir de cette date, la meilleure équipe de la Ligue nationale avec seulement 9 revers en temps réglementaire en 53 matchs.

Ajoutez à cela le fait que les Sabres n’avaient pas participé aux séries éliminatoires en 15 ans. Ils n’en connaissaient ni les odeurs ni les sensations.

Ils auraient très bien pu se présenter dans les séries, certes portés par un souffle irrésistible, mais y vivre une fois rendus un réveil brutal. Leur manque d’expérience aurait pu signifier la fin du rêve. Or, ils ont vite prouvé, face aux Bruins de Boston au premier tour, que ce ne serait pas le cas.

Cela s’est poursuivi dans le premier match contre le Canadien, mercredi, qu’ils ont remporté 4-2.

Debout derrière le banc, il discute avec ses joueurs.

L’entraîneur-chef des Sabres de Buffalo, Lindy Ruff

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes

L’entraîneur-chef Lindy Ruff a expliqué après la rencontre que cette très longue séquence de succès amorcée au mois de décembre avait fait apprendre toutes sortes de choses à sa troupe, comme de bien gérer une avance et de jouer du hockey plus hermétique.

En se préparant à cette série, le Canadien a tablé sur le fait que les Sabres allaient lui céder un peu plus d’espace que ne l’a fait le Lightning de Tampa Bay. Fort bien, mais cela ne veut pas dire que les Sabres feront preuve de laxisme pour autant.

On a longtemps été une équipe qui prenait trop de risques dans notre jeu, mais je pense qu’on a réussi à trouver un équilibre, estime Ruff. Notre défense s'implique en attaque, mais on ne donne plus de folles occasions de marquer qui permettraient à l'adversaire de revenir dans la partie.

On en a eu un bon exemple en troisième période.

Le CH avait été à la traîne durant la première moitié de la rencontre, mais un but de Kirby Dach en deuxième période lui a donné des chances d’espérer pour le dernier tiers. Il a ensuite complètement dominé le jeu en troisième.

C’est leur façon de jouer dans cette dernière période qui a été le principal motif de consolation des joueurs du Canadien après la rencontre.

Notons toutefois que les Sabres ont quand même su étouffer les menaces du Tricolore, qui n’est jamais vraiment passé proche d’égaliser la marque.

Plus d’espace, plus de touches

L’une des trames de ce premier match sera sans doute le fait que le premier trio du Canadien a de nouveau été réduit au silence.

Autre adversaire, même résultat.

Sur le plan stylistique, Nick Suzuki a vu une parenté entre la façon de faire du Lightning et celle des Sabres, car les deux équipes en zone neutre le forçaient la plupart du temps à projeter des rondelles en fond de territoire.

Lorsqu’un joueur du Canadien récupérait le disque en premier, comme ça a beaucoup été le cas en troisième période, Suzuki et ses potes ont été capables de passer passablement de temps en zone offensive.

Nos meilleurs joueurs ont eu plus de touches de rondelle dans les espaces libres , a indiqué Martin St-Louis, qui avait vu son premier trio suffoquer pendant les sept matchs face au Lightning.

Peut-être y a-t-il là une lueur d’espoir pour la suite des choses.

Ils se repoussent près du filet des Sabres.

Le défenseur des Sabres Logan Stanley (no 64) et l'ailier droit du Canadien Cole Caufield (no13)

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes

Il reste que l’absence de production de ce trio à forces égales continue d’être un point de mire, et la pression ne fera qu’augmenter si Suzuki, Caufield et Slafkovsky s’avèrent incapables de trouver des solutions à ce qui leur est présenté.

Il se donne à fond, a dit Suzuki à propos de Caufield, qui est devenu le visage des difficultés offensives actuelles du Canadien. Je ne pense pas qu’il soit trop frustré. Évidemment, il y a des moments dans un match où l’on se frustre contre nous-mêmes, mais je trouve qu’il fait du bon boulot à seulement continuer à jouer.

C’est un bon joueur. Il finira bien par trouver le fond du filet.

Pas de confrontation serrée

Si les Sabres ont adopté une approche semblable au Lightning en zone neutre, ils n’ont pas décidé d’appliquer le même genre de confrontation serrée au trio de Suzuki que ce qu’on avait vu contre Tampa.

Je n’avais pas l’impression qu’ils nous opposaient des confrontations très serrées, a mentionné le capitaine. Contre Tampa, on affrontait le trio d’Anthony Cirelli presque tout le match. J’ai eu un peu l’impression ce soir qu’ils essayaient différentes combinaisons.

Le Lightning a sacrifié un peu d’attaque pour s’assurer de museler le trio de Suzuki, sauf que ses troisième et quatrième trios n’ont pas été capables de prendre suffisamment le relais.

Les Sabres, eux, ont profité d’un but de sa troisième unité et un autre de sa quatrième pour se séparer du Canadien, mercredi. Le jeune Zach Benson était partout, alors que Jordan Greenway a eu un impact semblable à celui qu'a eu Josh Anderson contre Tampa.

Voilà une équipe qui, au jeu de la profondeur, peut rivaliser avec n’importe qui.

Et Ruff n’insiste absolument pas pour envoyer des joueurs particuliers contre le trio de Suzuki.

C'est rassurant de pouvoir dire que je fais confiance à tous mes trios, quelle que soit l'équipe adverse, et que, la plupart du temps, peu importe le trio que j’envoie, il est capable de marquer. Qui on affronte ne change rien, on sait exactement comment on doit jouer.

C’est un luxe, parce qu’on n’a pas besoin de regarder vers le banc adverse pour voir qui va sauter sur la glace et s’il faut faire sauter un tour à certains de nos joueurs. On arrive à mettre en place une rotation plutôt efficace, a déclaré l’entraîneur des Sabres.

C’est une approche complètement différente de celle du Lightning, et elle met davantage le fardeau de la preuve sur le premier trio du Canadien.

Face à Tampa Bay, on pouvait très bien vanter les prouesses défensives de Cirelli, qui justifiait tous les soirs sa sélection comme finaliste au trophée Selke.

Contre les Sabres, il reviendra au trio de Suzuki de s’imposer face à des adversaires changeants et à une stratégie qui n’est pas exagérément centrée sur lui. (Non, la stratégie des Sabres est axée sur les Sabres et sur la façon dont leurs défenseurs peuvent les aider à prendre le contrôle des matchs.)

Il y a deux façons de voir les choses.

On peut s’inquiéter que cela fasse maintenant huit matchs consécutifs que le premier trio du CH est incapable de dominer dans les séries.

Ou bien on peut se dire que le Canadien ne fait que commencer à apprivoiser un nouvel adversaire, et que la donne pourrait bientôt changer.

Leurs défenseurs se joignent à l'attaque. Ils sont cinq à s’impliquer à l’offensive et leurs gars se déplacent beaucoup, a décrit Suzuki. Maintenant, on sait à peu près à quoi s'attendre pour le reste de la série. Espérons qu'on pourra s'améliorer à mieux contrer ça.

Ce n’était peut-être qu’un match pour se familiariser, un match pour mieux comprendre à qui le Canadien avait à faire.

Mais en séries éliminatoires, bien vite, il faudra passer de la théorie à la pratique.

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