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Par Rémy Ourdan et Johanna-Maria Fritz
Publié aujourd’hui à 20h43, modifié à 21h17Article réservé aux abonnés
ReportageLes Forces de systèmes sans pilote (SBS) opèrent des engins de longue et moyenne portée, capables, pour certains, de frapper jusqu’à plus de 2 000 kilomètres à l’intérieur de la Russie. « Le Monde » a pu assister à une opération de ce type.
La nuit leur appartient. C’est dans l’obscurité qu’ils déploient leurs ailes. « Les Russes savent désormais que, la nuit, ils sont en danger », dit « Kit », de son nom de guerre, un commandant de bataillon du 1er centre de systèmes sans pilote qui, comme beaucoup de ces soldats issus des forces spéciales ukrainiennes, ne donne ni son nom ni même son grade.
L’opération se déroule une nuit de juin, sur une route de campagne ukrainienne perdue au milieu des champs de blé, éloignée de toute habitation. La lune, entre deux passages de nuages, éclaire parfois le dispositif. Un va-et-vient de véhicules commence. Les drones sont déployés. L’opération des Forces de systèmes sans pilote (SBS), auxquelles le 1er centre appartient, va, cette nuit-là, durer environ trois heures. Le temps presse : frapper l’élite des dronistes de l’armée ukrainienne est une priorité pour Moscou.
A condition de ne pas révéler certaines informations sensibles et classifiées, Le Monde a reçu l’autorisation d’assister à une opération type des SBS. Disons qu’elle se déroule quelque part dans le sud de l’Ukraine. Disons que le 1er centre de systèmes sans pilote dispose de drones de longue et moyenne portée, certains étant capables de frapper jusqu’à plus de 2 000 kilomètres de profondeur en Russie, et que, cette nuit-là, sa mission est de viser l’armée russe « quelque part dans les territoires occupés ». Certaines caractéristiques techniques des drones, ou la façon de les déployer, restent confidentielles : les SBS estiment faire preuve d’une inventivité que l’armée russe met parfois du temps à comprendre. Comme le dit Kit, « beaucoup d’informations sont dans le domaine public, et les Russes ne sont pas idiots, mais il n’est pas utile de les aider ».
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