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Les Ripoux : Philippe Noiret, bienheureux en flic « pourri », revient sur Paris Première

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Philippe Noiret a troqué le costume contre un vieux blouson de cuir pour incarner un policier corrompu dans Les Ripoux de Claude Zidi.

Philippe Noiret a troqué le costume contre un vieux blouson de cuir pour incarner un policier corrompu dans Les Ripoux de Claude Zidi. Paul DELORT / Le Figaro

Vingt ans après la disparition du comédien, Paris Première diffuse la célèbre trilogie des Ripoux. Thierry Lhermitte confie au « Figaro » ses souvenirs de tournage.

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« Je viens peut-être de province, faut pas me prendre pour plus con que je ne suis, hein ? », lance l’inspecteur François Lesbuche (Thierry Lhermitte) à René Boisrond, son supérieur au commissariat du 13e arrondissement de Paris (Philippe Noiret) dans Les Ripoux de Claude Zidi. Le jeune policier adopte les méthodes de son acolyte « pourri », jusqu’à l’égaler. « En vertu de la recette du roman d’apprentissage, où l’on assiste à la formation d’un jeune blanc-bec par un vieux renard, nous nous complétions à merveille », écrit Philippe Noiret dans Mémoires cavalières (avec Antoine de Meaux, Robert Laffont, 2007). « C’est la première fois qu’on abordait ce sujet avec un ton humoristique. Le film n’a pas pris une ride », estime aujourd’hui Thierry Lhermitte, qui se confie au Figaro.

À l’occasion des 20 ans de la disparition du héros du Vieux Fusil, le 23 novembre, Paris Première diffuse la trilogie, avec ce soir le premier volet, Les Ripoux. Sorti en septembre 1984, le film dialogué par Didier Kaminka séduisit 5,8 millions de spectateurs, devant L’Amour à mort, d’Alain Resnais, et Indiana Jones et le temple maudit, de Steven Spielberg. « Ce fut un énorme succès, souligne Dominique Maillet, auteur avec Philippe Durant de Philippe Noiret, un homme, mille vies. C’est bizarre que vous tourniez ce film avec Zidi, avais-je dit à Philippe Noiret, mais le scénario lui avait plu. On sent tout le bonheur qu’il a à interpréter ce personnage. » Suivront Ripoux contre Ripoux (1990) et Ripoux 3 (2003), diffusés les mardis 20 et 27 octobre.

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« Nous avions beaucoup discuté pour savoir si le mot “ripoux”, pourris en verlan, était compréhensible. Il l’a si bien été qu’il est dans le dictionnaire de la langue française », signale Thierry Lhermitte. Claude Zidi s’est inspiré de Simon Michaël, un ancien officier de police judiciaire, pour mettre en scène l’« histoire de deux flics immondes ». Philippe Noiret apprit plus tard que le film était projeté chaque année à l’École des commissaires !

César du meilleur film

Fort du succès des Sous-doués (1980), Claude Zidi reçut trois César pour Les Ripoux : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur montage. Le cinéaste avait dédié ces récompenses, si rarement décernées à des comédies, à ses fidèles spectateurs : « Je remercie le public qui m’encourage depuis pas mal de temps, m’a suivi et m’a encouragé. Ça a souvent été le seul et c’était déjà pas mal. »

Philippe Noiret juge son partenaire « épatant ». « Avec lui, il fallait être à la hauteur, en même temps, il vous portait », indique Dominique Maillet. « Nous sommes tout de suite devenus amis et restés en contact jusqu’à la fin de ses jours », se souvient Thierry Lhermitte qui tournera ensuite avec son comparse Tango, de Patrice Leconte. Il se souvient de leur première rencontre : « J’étais peut-être un peu prétentieux - quand on est jeune, on croit tout savoir. C’était l’un des premiers films que je faisais sans mes copains du Splendid . J’ai été impressionné. »

Les deux acteurs partageaient la même loge : « Nous avions une passion commune pour le cheval et une distance par rapport au métier. Philippe était simple, dans la vérité du jeu. Nous étions sur le même plan et à fond dans nos personnages sous le regard bienveillant de Claude. Il était très client de ce qu’on apportait. Il m’arrivait de faire des suggestions, mais je m’apercevais vite qu’il avait souvent raison. C’est un bon rieur. Je le remercierai toute ma vie de m’avoir offert ce rôle », conclut Thierry Lhermitte.

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