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Les revenus pétroliers allègent le déficit budgétaire à T.-N.-L.

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Alors que le déficit budgétaire de Terre-Neuve-et-Labrador est sans précédent, la situation financière devrait grandement s’améliorer en raison de l'augmentation de la production pétrolière extracôtière et du prix élevé du pétrole entraînés par le conflit au Moyen-Orient.

Il y a un peu plus de quatre mois, lors du dépôt du budget provincial, le nouveau gouvernement conservateur et son ministre des Finances, Craig Pardy, prévoyaient un déficit de 688 millions $.

Mais la guerre en cours des États-Unis contre l'Iran a ébranlé l'économie mondiale, en particulier le marché du pétrole.

Grâce à la hausse du prix du pétrole, nous prévoyons que les revenus de la province augmenteront de plus de 500 millions $.

Le gouvernement s’apprête donc à recevoir une manne inattendue de redevances pétrolières de plus d’un demi-milliard de dollars, mais il ne prévoit pas d’éponger complètement le déficit annuel évalué à 688 millions $.

Absolument pas. Est-ce que je pense que nous allons faire de bonnes avancées vers son élimination, ou qu'on sera très près de l’éliminer? Oui.

Comment cet argent sera-t-il utilisé?

Bien que la majeure partie de cette somme soit utilisée pour diminuer la dette provinciale, 20 % sera consacré à réduire le coût de la vie. Nous savons tous que lorsque le prix du pétrole augmente, c’est un facteur majeur qui affecte le prix des denrées alimentaires.

Nous avons décidé que 80 % des revenus pétroliers supplémentaires serviront à réduire la dette ou les besoins d'emprunt futurs. Les 20 % restants seront consacrés à des mesures visant à aider les citoyens à faire face au coût de la vie, explique-t-il.

Craig Pardy.

Le ministre des Finances de Terre-Neuve-et-Labrador, Craig Pardy, a pris les questions des médias la veille de son premier budget, le 28 avril 2026, à la Chambre d'assemblée à Saint-Jean. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Ces mesures pour venir en aide à la population seront annoncées cet automne, dit M. Pardy.

Nous examinons actuellement diverses mesures ciblées pour les familles à faible revenu, les enfants vivant dans la pauvreté, les aînés à faible revenu et les bénéficiaires de l'aide sociale. Nous voulons aider l'ensemble de la population, mais avec une attention particulière aux plus vulnérables.

Pour M. Pardy, cette nouvelle signifie aussi que la province, la plus endettée du pays, aura moins d'argent à emprunter.

Réduire nos besoins d'emprunt est essentiel. Il faut se rappeler que nous dépensons actuellement 1,2 milliard $ par année uniquement pour payer les intérêts sur la dette provinciale.

Même si le pétrole ne représente plus que 17 % des revenus provinciaux, contre 35 % en 2008, il demeure un moteur économique majeur, avec environ 1,8 milliard $ de revenus cette année, ajoute-t-il.

Qu’est-ce qui explique cette hausse?

Le gouvernement prévoyait un prix moyen du pétrole de 79 $ US pour cet exercice financier.

Cependant, le prix du baril a atteint un sommet de 138 $ US en avril et oscille actuellement juste en dessous de la barre des 100 $.

Sur une base annuelle, chaque dollar d’augmentation du brut par rapport aux prévisions représente 33 millions $ supplémentaires en redevances dans les caisses de la province.

Ailleurs au pays, l'Alberta, la plus grande province productrice de pétrole, est passée, par exemple, d'une prévision de déficit à une prévision d'excédent budgétaire.

Pour Pierre-Marcel Desjardins, professeur d'économie à l'École des hautes études publiques de l'Université de Moncton, ce montant était difficile à prédire à l'avance. Mais lorsque le dernier budget a été déposé à la fin avril 2026, le gouvernement a été très conservateur avec ses prévisions de revenus.

Pierre-Marcel Desjardins en entrevue, le 7 janvier 2026.

L'économiste Pierre-Marcel Desjardins. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Mais attention : si ce montant est faramineux aujourd’hui, il ne le sera peut-être plus dans quelques années, explique M. Desjardins Ce n'est pas une ressource renouvelable. Donc, c'est sûr et certain qu'éventuellement il n'y aura plus de production ou une production qui va être réduite, à moins qu'on trouve de nouvelles sources.

Les revenus sont très variables, très cycliques en fonction des prix du baril de pétrole. Les revenus gouvernementaux peuvent fluctuer énormément.

M. Desjardins souligne aussi l’exemple de la Norvège et du Québec, où des fonds existent pour les générations futures. De bons moyens, selon lui, de garantir l'avenir financier.

La province pourrait aussi, selon lui, utiliser une partie de ces revenus pour tenter de diversifier son économie.

Puis, selon lui, la guerre au Moyen-Orient montre à quel point la dépendance au pétrole de cette région fragilise de nombreux pays et représente un risque important.

Dans ce contexte, disposer d’une source de revenus permettant de réduire cette dépendance, combinée au conflit commercial avec les États-Unis, devient un atout important pour la croissance économique, tout en demeurant conscient des enjeux environnementaux.

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