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Des parents de la région de Petit-Rocher doivent composer avec davantage de retards d’autobus scolaires et d’annulation des trajets. Un manque de véhicules et une multiplication des bris mécaniques sont en cause selon le District scolaire francophone Nord-Est.
Marthe Henry travaille à l’hôpital régional de Bathurst et habite à Petit-Rocher, dans le nord du Nouveau-Brunswick.
Depuis le début de l’année scolaire, elle dénombre une vingtaine de retards ou d'annulations de trajets, incluant une dizaine au cours du dernier mois.
Après les vacances de Noël, on a eu 10 ruptures de services en l’espace de 24 jours d’école. Les retards de trajets d'autobus sont devenus fréquents. Les matins, les retards sont [parfois] d’une heure et 45 minutes. Souvent, les messages arrivent à la dernière minute. Ça ajoute au stress du quotidien, raconte Mme Henry.
Forcée de reconduire sa fille à l'école, elle indique être arrivée en retard à son travail pendant cette période.
Le transport par autobus scolaire ne devrait pas être un privilège, mais un service. Je ne crois pas que c’est un luxe. Quand j’étais jeune, les retards d’autobus, ça n’arrivait jamais.

Marthe Henry (à droite) et sa fille de douze ans, Arianne Henry Roy, habitent à Petit-Rocher, dans le nord du Nouveau-Brunswick. Les retards fréquents du transport scolaire causent bien des maux de tête à la famille.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Sa fille de 12 ans, Arianne Henry Roy, fréquente l’école primaire le Domaine Étudiant. Elle se désole de ces retards ou annulations du transport scolaire.
C’est sûr que je manque des cours, des choses importantes. J’ai quand même manqué [plus de la moitié] d’un cours pour faire un test. C’est difficile, explique l'élève de la septième année.
Toujours à Petit-Rocher, Karine Robichaud a trois enfants qui fréquentent les écoles francophones de la région.
Puisque l’un de ses enfants a un trouble du spectre de l’autisme (TSA), la famille a droit au transport scolaire adapté.

Karine Robichaud est mère de quatre enfants. Elle est basée à Petit-Rocher, dans le nord du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Elle constate aussi des ruptures de services plus fréquentes depuis le printemps 2025. Depuis le début de l’année scolaire, elle en a dénombré une dizaine.
En septembre, on a eu une semaine où l’on n’avait pas de trajet du tout, le matin et le soir. Je suis allée les chercher et les reconduire. Ça change une routine, explique cette mère.
Le transport scolaire doit s’améliorer. On veut que les enfants aillent à l’école. Ça prend un système de transport fiable.
Davantage de retards cette année
La responsable des communications du District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE), Brigitte Couturier, confirme une hausse des retards et annulations des trajets d’autobus en 2025-2026, comparativement à la même période pour 2024-2025.
Selon des données fournies par le DSFNE, durant les 93 jours de classe entre le 2 septembre 2025 et le 6 février 2026, 35 712 trajets d’autobus étaient planifiés. De ce nombre, 881 ont été en retard et 257 ont été annulés.
Le DSFNE dit observer une hausse des bris mécaniques sur la flotte d’autobus, qui est vieillissante.
Le DSFNE fait face à un manque d’autobus de rechange, lesquels sont partagés avec le district scolaire anglophone. [Les entretiens de véhicules sont] moins réguliers comparativement aux années précédentes, en raison d’un manque de personnel qualifié aux garages du gouvernement, déclare par écrit Mme Couturier.
Elle indique également devoir composer avec une pénurie de chauffeurs, incluant des suppléants.
Nos efforts de recrutement ont été intensifiés : alors que nous n’offrions auparavant qu’une seule formation de nouveaux chauffeurs par année, nous en avons organisé quatre cette année. [Lors d’une rupture de service], nous nous efforçons d’informer les parents le plus rapidement possible via nos réseaux sociaux et nos autres canaux de communication, fait valoir Mme Couturier.

Cet autobus scolaire adapté, notamment pour les personnes à mobilité réduite, dessert les écoles du District scolaire francophone Nord-Est, dans le nord du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Le DSFNE précise que les autobus sont détenus par le ministère des Transports et de l’Infrastructure du Nouveau-Brunswick, et juge que cette situation limite sa marge de manœuvre pour l’entretien des véhicules.
Les parents rencontrés sont bien conscients de la pénurie de main-d’œuvre.
Il manque de suppléants. Il faut afficher les postes. Il faut les partager. Il faut que ça soit vu qu’on a un manque. On est des dizaines de parents qui sont affectés. Ce n’est pas acceptable, lance Marthe Henry.
Ce n’est pas la faute des chauffeurs. Des changements doivent être faits à un plus haut niveau, conclut Karine Robichaud.


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