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Les rénovations d’école, un «système de récompense»?

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Faut-il « voter du bon bord » pour avoir de belles écoles dans sa circonscription ? Voilà la question que pose le député de Québec solidaire (QS) Gabriel Nadeau-Dubois après avoir épluché les dépenses du gouvernement caquiste dans les infrastructures scolaires.

L’élu a analysé 190 projets en infrastructures financés par le gouvernement entre 2019 et 2026. Il publie ses conclusions lundi dans un document coiffé de la question « Le bon parti, les belles écoles ? ».

M. Nadeau-Dubois tire la conclusion que « les députés caquistes ont hérité de plus de 72 % des projets alors qu’ils ne représentaient que 64 % des circonscriptions ».

En comparaison, les circonscriptions solidaires ont reçu 4,2 % des projets, bien que ses députés aient un poids politique de 8 %. Les circonscriptions du Parti québécois ont obtenu 4,2 % des projets financés (poids politique de 6 %) et le Parti libéral, 18,9 % (poids politique de 18 %).

À noter, cependant : 61 % des projets dans les circonscriptions libérales ont été annoncés lors de la première année du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), en 2019, avant que leur nombre ne chute « drastiquement », souligne le député solidaire.

N’est-il pas un peu normal, cependant, que les circonscriptions caquistes aient obtenu davantage de projets, vu le grand nombre de députés élus à la grandeur du Québec ? À cette question, le député Nadeau-Dubois répond qu’il constate tout de même un « déséquilibre », et que celui-ci ne semble pas justifié par la vétusté des infrastructures.

« La démocratie, c’est un système de représentation, ce n’est pas un système de récompense », a-t-il plaidé en point de presse. « Les investissements dans nos écoles devraient être répartis équitablement selon les besoins parce que tous les enfants ont droit d’apprendre dans un milieu sécuritaire, dans un milieu sain, peu importe pour qui leurs parents ont voté. »

Plus de vétusté, moins d’argent

Le député Nadeau-Dubois a poussé son analyse en calculant l’investissement annuel moyen par élève et par enfant. Résultat : « les circonscriptions solidaires [ont] reçu environ quatre fois moins d’argent que les circonscriptions caquistes ou libérales, alors que les bâtiments scolaires y sont en moyenne plus vétustes », écrit-il dans son document. « Un tel déséquilibre est excessivement difficile à justifier », selon le député.

L’élu de QS a aussi remarqué que « les circonscriptions caquistes accueillent en moyenne les écoles les moins vétustes, les plus jeunes et les moins défavorisées ». Pourtant, « ce sont ces circonscriptions qui ont reçu le plus d’investissements et de projets de construction et de rénovation d’écoles », relève-t-il.

M. Nadeau-Dubois souligne par ailleurs que la CAQ a consacré la majeure partie (55 %) de ses investissements en infrastructures scolaires en 2019 et que cette proportion a diminué pour atteindre 3 % en 2023, jusqu’à 1 % en 2026. « La vétusté des bâtiments scolaires ne s’est pas subitement améliorée entre 2019 et 2026, au contraire », souligne-t-il, en cherchant des explications.

La pandémie pourrait-elle expliquer cette courbe ? « Si c’est la justification du gouvernement, je les invite à la communiquer », a répondu le député à cette question.

En réaction au document de M. Nadeau-Dubois, le cabinet de la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a assuré que « l’analyse des projets d’infrastructure scolaire ne se fait pas en fonction des circonscriptions, elle se fait en fonction des besoins des élèves, sur la base de critères objectifs ».

Or, le suivi de tels critères apparaît difficile. Dans ses démarches, le député Nadeau-Dubois a tenté de documenter le processus d’autorisation des projets. Les réponses à ses demandes d’accès à l’information sont revenues « incomplètes et lourdement caviardées ». D’autres étaient « incohérentes ». « Impossible, dans ce contexte, de comprendre ou d’analyser les décisions ministérielles », a noté l’élu.

« On ne devrait pas accepter ce manque de transparence là », a-t-il dit.

Des solutions et des réactions

En guise de solution, Gabriel Nadeau-Dubois propose d’« établir clairement des critères stables d’évaluation des projets d’infrastructures scolaires et [de] les rendre publics ». Il suggère aussi de « rendre publics, en vertu de ces critères, les motifs objectifs qui justifient l’approbation ou le refus des projets par le gouvernement du Québec ».

Dans la réaction que son cabinet a transmise, la ministre de l’Éducation s’engage à « continuer d’investir pour répondre aux besoins des élèves ». « On ne pourra jamais donner le feu vert à tous les projets en même temps. On doit respecter la capacité de payer des Québécois. On doit aussi favoriser le maintien d’actifs, effectuer des réparations. On ne peut pas seulement inaugurer de nouvelles écoles, c’est une question d’équilibre », fait-elle valoir, en disant recevoir des demandes pour « des dizaines et des dizaines de projets à travers le Québec », tous les ans.

De son côté, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, s’est dit inquiet des observations de M. Nadeau-Dubois. « Pour la CSQ, il est évident que le principe d’équité doit primer en ce qui concerne les dépenses gouvernementales. Ce sont les besoins des élèves et des communautés qui doivent l’emporter, et pas la partisanerie », a-t-il plaidé.

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