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Le gouvernement québécois tarde à appliquer les recommandations du commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, en matière d’immigration et de francisation des nouveaux arrivants.
En 2024 et 2025, le commissaire a émis 31 recommandations dans quatre rapports distincts portant notamment sur l’immigration temporaire et l’évaluation de l’organisme gouvernemental Francisation Québec. Au total, moins de la moitié d’entre elles (14 recommandations) ont été appliquées ou suivie de manière satisfaisante.
En 2024, Benoît Dubreuil proposait notamment d’imposer une connaissance du français à l’oral des participants au Programme des travailleurs étrangers temporaires. Or, une telle exigence ne sera appliquée qu’à partir de 2028.
« Le gouvernement n’a pas donné suite à [des] recommandations […] qui auraient eu pour effet d’améliorer la connaissance du français à l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires et des étudiants internationaux », indique le commissaire dans son rapport annuel 2025-2026, déposé en Chambre mercredi.
« Le maintien du système actuel continuera de permettre l’arrivée au Québec de personnes peu susceptibles d’apprendre et d’adopter le français dans un délai raisonnable. »
Dans un autre rapport, le commissaire suggérait de mettre sur pied « un modèle de prévision de la demande robuste et [de] renforcer les mécanismes de gestion des inscriptions, de manière à favoriser la réduction des délais de traitement » chez Francisation Québec. Les progrès liés à cette recommandation ont été jugés « insatisfaisants ».
Francisation inefficace
Ces retards n’aident en rien l’amélioration des procédures de francisation au Québec. Dans un nouveau rapport rendu public mercredi en même temps que son rapport annuel, le commissaire Dubreuil constate justement que la plupart des immigrants suivant des cours de francisation à temps partiel ne parviennent pas à atteindre les niveaux de français suffisants.
« De façon générale, nos résultats indiquent que les participants sont peu nombreux à atteindre les niveaux intermédiaires associés à l’autonomie langagière (niveaux 7 et 8) », peut-on lire dans le document.
« C’est particulièrement le cas des participants à temps partiel qui débutent leur parcours sans connaissance préalable du français. Ce constat est préoccupant, car ce profil correspond à celui de la majorité des personnes inscrites en francisation. »
Il réitère que le gouvernement aurait avantage à « limiter au maximum l’arrivée au Québec de personnes sans connaissance du français et, lorsque c’est impossible, [à] favoriser un apprentissage intensif avant l’entrée sur le marché du travail ».
Pour ce faire, Benoît Dubreuil recommande que Québec lance « une étude de faisabilité sur la création d’un système de prêts visant à soutenir la participation aux cours de français à temps complet ».
D’autres détails suivront.


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