Du génocide des Arméniens de 1914-1915 ayant coûté la vie à au moins un million d’entre eux, la plupart des historiens estiment qu’il aurait été un élément déclencheur de l’invasion allemande de la Pologne par Hitler, du projet d’extermination planifiée des Polonais, puis de la Shoah, en raison de l’impunité des responsables de l’extermination – alors que l’Europe savait, et que l’Allemagne, au courant du plan génocidaire dès 1912, avait préféré se taire en vertu de la realpolitik: c’est cette impunité qui aurait encouragé Hitler à se croire tout permis. Après tout, aurait déclaré le Führer aux commandants de la Wehrmacht, le 22 août 1939 à Obersalzberg: «Qui parle encore aujourd’hui de l’anéantissement des Arméniens?»
En 1914, comme en 1939, c’est par l’impunité que tout commence. Et par le mépris de toute morale, l’absence radicale de scrupules et le narcissisme illimité d’un dictateur se prenant pour un surhomme et finissant par en persuader les autres jusqu’à la fascination, ne croyant qu’à la brutalité et à la loi du plus fort et se fichant comme d’une guigne de ce que dira de lui «la faible civilisation d’Europe occidentale» qu’il méprise. Sûr qu’il pourra tout faire, outrepasser toutes les limites et commettre tous les crimes sans se voir inquiété ni freiné par ceux qui, une fois déjà, ont laissé faire sans punir, en détournant les yeux.


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