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Contrairement à une idée peut-être populaire, les ratons laveurs ne seraient pas seulement opportunistes dans leur recherche de nourriture. Une nouvelle étude de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) révèle qu’ils seraient également motivés par une curiosité naturelle et par un désir d’apprentissage.
Comment les ratons laveurs réussissent-ils à vivre si bien en milieu urbain?
C’est la question à laquelle voulait répondre Hannah Griebling, doctorante en gestion forestière et environnementale à l’UBC et auteure principale, et Sarah Benson-Amram, professeure associée en sciences forestières et de la conservation et en zoologie à l’UBC et auteure en chef de l’étude publiée dans Animal Behaviour (en anglais (nouvelle fenêtre)).
Les chercheuses ont donc utilisé des boîtes, chacune dotée de trois mécanismes comme des cadenas, des portes coulissantes ou des boutons. Et pour chaque test, elles contenaient un morceau de nourriture.

Les chercheuses ont utilisé une boîte casse-tête dotée de mécanismes comme des cadenas, des portes coulissantes ou des boutons.
Photo : Hannah Griebling
Dans ce type d’étude, lorsqu'un animal apprend à résoudre un mécanisme, on le verrouille pour tester si l’animal peut modifier son comportement afin d’ouvrir un des autres mécanismes. Les ratons laveurs s'en sortent très bien avec ça, explique Sarah Benson-Amram.
Dans la nouvelle étude, les chercheuses n’ont jamais verrouillé les mécanismes. Elles voulaient savoir si les ratons laveurs allaient continuer à les explorer, même s’ils n’y étaient pas obligés.
Le résultat : les ratons laveurs exploraient tous les mécanismes, signe d’une curiosité innée et de leur désir d’apprentissage.
La boîte était transparente, ils pouvaient voir qu'il n'y avait plus de nourriture. Ils pouvaient aussi tâter le fond de la boîte. Pourtant, ils continuaient à explorer les mécanismes.
De plus, lorsque les solutions étaient faciles, les ratons laveurs exploraient la boîte en testant les autres mécanismes et en variant leur ordre, mais plus la difficulté du mécanisme augmentait, plus ils privilégiaient une solution fiable, tout en explorerant les autres options malgré tout.
Pour la biologiste de la faune, Sara Jordan-McLachlan, qui n’a pas participé à l’étude, celle-ci est très intéressante et ne [la] surprend pas.
Cela confirme ce que l'on soupçonnait déjà : ils exploreront au-delà de la récompense immédiate pour voir ce qui pourrait être utile la prochaine fois.
Une des prochaines étapes sera de vérifier si ces comportements se retrouvent aussi chez les ratons laveurs sauvages.
D’après des études antérieures, ceux-ci présentent des capacités de résolution de problèmes similaires, donc je m’attends à ce que nous confirmions nos résultats, avance Sarah Benson-Amran.
Pour Sara Jordan-McLachlan, il y a une variable à prendre en compte.
Si l’on compare une population de ratons laveurs en captivité, à une population urbaine, à une population rurale, on observerait des comportements différents, car ils doivent composer avec des environnements différents.
Les animaux vivants à la campagne pourraient ne pas adopter les mêmes comportements, la nourriture y étant parfois plus rare.
Pour elle, les résultats de l’étude font assurément partie du répertoire comportemental du raton laveur et que ces comportements se produisent ou non dépend de la situation.
Bien adapté aux environnements urbains
En milieu urbain, les ratons laveurs sont confrontés à de nombreux défis.
Une fois qu'ils ont appris un mécanisme, s'ils ne se contentent que de cela, ils se retrouvent à ne pouvoir ouvrir que certaines poubelles puisque celles-ci peuvent varier d'un quartier à l'autre.
Plus ils explorent et plus ils apprennent à utiliser différents mécanismes, plus ils auront de chances d'accéder à de la nourriture, explique Sarah Benson-Amram.
Cette flexibilité comportementale et ce désir d’apprentissage expliquent pourquoi les ratons laveurs vivent si bien en ville.

L'intelligence du raton laveur est depuis longtemps présente dans le folklore, pourtant la recherche scientifique sur sa cognition reste limitée.
Photo : getty images/istockphoto / Dahrs
Améliorer la coexistence entre humains et animaux sauvages
Pour Sarah Benson-Amran, les ratons laveurs font partie intégrante de nos villes nord-américaines, et c'est tant mieux.
Plus nous étudions leurs comportements et les façons dont ils abordent les problèmes, plus nous serons à même de réduire les effets néfastes sur eux et sur nous.
Un écosystème sain en ville est vital pour la faune sauvage, mais aussi pour les humains et pour notre santé.
Sara Jordan-McLachlan abonde dans le même sens.
Les ratons laveurs contribuent à la régulation des populations de rongeurs. En plus de se nourrir de diverses plantes, leur rôle de charognards est également essentiel pour limiter la propagation des maladies.
L'objectif ultime de la coexistence est de minimiser la quantité de ressources humaines que les ratons laveurs consomment.
Un autre aspect essentiel que nous devons prendre en compte est la modification de nos propres comportements, comme de stocker correctement de nos déchets, concluent les deux expertes.


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