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Les Québécois veulent pouvoir revendre des billets de spectacles, mais sont méfiantes à l’endroit des plateformes qui permettent de le faire, révèle un sondage Léger rendu public mardi.
La grande majorité des Québécois sondés (89 %) souhaite pouvoir transférer ou revendre un billet pour un événement si le détenteur ne peut pas se présenter. Pourtant, les répondants se méfient des plateformes de revente. Au Québec, 9 % des répondants ont affirmé avoir été victime ou connaître quelqu’un qui a été victime de fraude en achetant un billet par l’entremise d’une plateforme non réglementée ou d’un média social.
Seule Evenko obtient la confiance d’une majorité des Québécois s’identifiant comme « acheteurs de billets » (68 %), tandis que Kijiji traîne en fond de classement (10 %). Notons toutefois que plusieurs plateformes recensées dans le sondage étaient inconnues des répondants.
L’idée de mieux encadrer la revente semble vue d’un bon œil. 83 % des répondants de la province considèrent que disposer d’options de revente mieux réglementées et vérifiées aiderait à éviter les fraudes.
Au Québec, la revente de billets de spectacle est encadrée par la Loi sur la protection du consommateur. Il est interdit de revendre un billet à un prix supérieur à celui qu’annonce le producteur du spectacle à moins de respecter certaines conditions, dont celle d’avoir obtenu son autorisation.
Un coup d’œil rapide sur les plateformes de revente de billets permet de constater que de nombreux billets sont disponibles à la revente à des prix largement supérieurs au prix initial, sans compter des frais de service qui s’élèvent souvent à plusieurs dizaines de dollars.
La tarification dynamique, le cœur du problème
« Certaines plateformes de revente camouflent leur statut de revendeur et agissent clandestinement sans avoir convenu d’entente avec le vendeur officiel », avait affirmé en décembre dernier le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, au moment de présenter le projet de loi 10, qui vise à accroître la transparence entourant les modalités de vente et de revente de billets de spectacles.
Le projet de loi 10 n’interdit toutefois pas la tarification dynamique ou la revente de billet à profit. Or, c’est là que se trouve le noyau du problème, selon François Colbert, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux. « Les prix dynamiques, ça ne devrait pas ça ne devrait pas exister dans [le milieu des] arts de la culture », soutient M. Colbert.
Ce dernier doute que le projet de loi 10 change vraiment la donne auprès des consommateurs, surtout en ce qui a trait à l’achat de billets pour les spectacles de grandes vedettes internationales, souvent vendus à des prix exorbitants. Il plaide plutôt pour une interdiction de la tarification dynamique et l’encadrement des frais imposés par les plateformes de revente.
Le sondage a été mené par la firme Léger du 6 au 8 mars 2026 auprès d’un échantillon Web de 1579 adultes canadiens, dont 434 Québécois, pour le compte de l’agence de communication Proof Strategies et de la plateforme de revente StubHub.


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