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Le 28 mai sort le livre « Nous avons encore envie » de l’eurodéputé, pressenti pour briguer l’Élysée en 2027. Son défi ? Convaincre de sa proximité et de son intérêt pour la France.
EN BREF • Raphaël Glucksmann publie son livre « Nous avons encore envie », alors qu’il n’a toujours pas officiellement déclaré sa candidature à la présidentielle.
• Pour renforcer son image nationale, il y aborde des sujets clés comme l’immigration et les retraites.
• Glucksmann cherche à se démarquer de Jean-Luc Mélenchon en abordant aussi des thèmes comme la sécurité et la fierté nationale.
Il est l’eurodéputé qui a alerté sur le scandale des Ouïghours et il défend corps et âme l’Union européenne et tous les sujets qui s’y rattachent. Mais que prévoit-il pour la France ? Avant d’officialiser sa candidature, Raphaël Glucksmann accélère sa précampagne. Avant son meeting prévu le 13 juin à Paris, il publie, le 28 mai son livre Nous avons encore envie » (Allary Éditions). Avec à l’intérieur ses premières pistes nationales.
Dans cet ouvrage dont Le Nouvel Obs révèle les bonnes feuilles ce dimanche 24 mai, l’eurodéputé esquisse des propositions. Avec un enjeu clair : faire taire les critiques en déconnexion et en entre-soi qui le poursuivent. « On ne va pas mentir aux gens. Raphaël est un intellectuel qui a grandi dans un milieu intellectuel, mais il est véritablement passionné et habité par la France », assure l’ancien ministre macroniste Aurélien Rousseau, passé chez Place Publique, dans La Tribune Dimanche. Pour ce faire, Raphaël Glucksmann se saisit donc de sujets qui occupent le haut du classement des priorités des Français. À commencer par l’immigration, deuxième sujet de préoccupation (16 %, selon l’étude d’opinions YouGov pour Le HuffPost).
« Non, l’immigration zéro n’est ni souhaitable, ni possible. Et non, s’installer en France n’est pas un droit universel », écrit le député européen qui déroule sa solution : organiser une convention citoyenne sur l’immigration pour mettre un terme à « l’impression de ne plus rien maîtriser. » Il propose donc de confier à « des citoyens tirés au sort, représentatifs » une réflexion sur la base de « données démographiques, économiques ou sécuritaires ». « Tout sera public, débouchera sur des propositions votées au Parlement », poursuit-il, invitant à « structur(er) » le débat sur l’immigration « sans tabou ».
Réforme des retraites, colonie de vacances, service civique obligatoire
Raphaël Glucksmann évoque aussi la réforme des retraites, qui sera au cœur des débats présidentiels. Il se prononce pour une « réforme juste et ambitieuse des retraites » prenant en compte les « bouleversements démographiques » et la « pénibilité ». Sur le rapport au travail, alors que le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français, il souhaite proposer un « nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs », et un rééquilibrage de la « taxation entre le travail, le capital, la retraite et l’héritage ».
Autre proposition de l’eurodéputé : l’instauration d’un service civique obligatoire, occasion pour les Français de « se croiser à un moment donné de leur existence et de se mettre ensemble au service de l’intérêt général », dans le cadre d’un « nouveau contrat patriotique ». Il met également dans le débat la création d’un « “passeport pour l’émancipation” garantissant à chaque enfant de partir en séjour collectif », grâce aux colonies de vacances qui accueillent aujourd’hui « trois fois moins » de jeunes qu’au début des années 1980.
Glucksmann veut « parler de la France aux Français »
En parallèle, et alors qu’il est mis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche - les deux hommes sont au coude-à-coude dans les différents sondages - Raphaël Glucksmann tente d’exister sur des thèmes peu abordés par son bord politique. Au-delà de l’immigration, il évoque ainsi la sécurité, consacre quelques lignes à « la France des Pavillons » que « la gauche a perdue » et entend même se réapproprier l’expression de la « fierté d’être Français » trop souvent laissée à l’extrême droite, en proposant « un nouveau contrat patriotique pour rendre à la France sa puissance et à redonner aux Français la maîtrise de leur destin. »
Ces pistes glissées dans le débat public réussiront-elles à lui conférer une image d’homme proche de tous les Français et de leurs préoccupations ? Dans son livre, il assure parler « depuis la gauche mais (...) bien au-delà de la gauche. » « Je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français », écrit-il. La tâche est d’autant plus ardue après la diffusion d’une note de son équipe de campagne lui conseillant « d’éviter » de s’adresser aux électorats populaires. Raphaël Glucksmann a assuré en avoir « immédiatement rejeté les conclusions ». Son livre et la campagne qui suivra lui permettront de prouver ses dires, ou pas.


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