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Les services d'urgence de Saskatoon font face à une recrudescence alarmante de surdoses. Le chef du Service des pompiers de Saskatoon, Rob Hogan, indique que ses équipes passent désormais plus de temps à administrer des traitements d'urgence pour inverser les surdoses qu'à combattre des incendies.
La semaine dernière, les pompiers municipaux sont intervenus auprès de 90 victimes de surdose en l'espace de seulement trois jours.
Les surdoses ont pris une ampleur considérable et cela alourdit énormément la charge de travail. Lorsqu'un incendie se déclare, nos équipes ont parfois déjà géré quatre ou cinq surdoses plus tôt dans la journée, et elles doivent s'attendre à en traiter d'autres au cours de la soirée.

Rob Hogan, chef des pompiers de Saskatoon, explique que les équipes passent une grande partie de leur journée à intervenir suite à des appels liés à des surdoses.
Photo : Radio-Canada / Thomas Simon
Cette hausse subite est attribuée à la circulation de substances illicites particulièrement dangereuses et imprévisibles. Selon le ministère de la Santé de la Saskatchewan, les drogues en circulation pourraient contenir du fentanyl ou d'autres opioïdes puissants, nécessitant parfois plusieurs doses de naloxone pour réveiller les victimes. Un avertissement officiel concernant les surdoses à Saskatoon est en vigueur jusqu'à mardi.
Des spécialistes mettent également en garde contre la présence croissante de sédatifs vétérinaires mélangés aux substances vendues dans la rue.
Lorsque l'approvisionnement n'est pas réglementé, la composition des substances peut changer radicalement d'une semaine à l'autre, souligne Maryellen Gibson, chercheuse à l'École de santé publique de l'Université de la Saskatchewan. Nous voyons apparaître de nouveaux opioïdes synthétiques, mais aussi des tranquillisants pour animaux, ce qui augmente considérablement les risques pour les usagers.
Un bilan annuel déjà dépassé
L'année dernière, les pompiers de Saskatoon avaient répondu à un total de 1474 appels pour surdose. Pour l'année 2026, ce chiffre a déjà franchi le cap des 2000 interventions.
Plus de 1000 de ces appels ont été enregistrés durant les seuls mois d'avril et de mai, soit la période ayant suivi la fermeture de Prairie Harm Reduction, le seul site de consommation supervisée et de réduction des méfaits de la ville.
L'organisme disposait notamment d'un équipement spécialisé permettant d'analyser la composition des drogues de rue et d'alerter les autorités de la présence de produits toxiques.
Nous n'avons plus de moyen accessible et durable pour vérifier la composition des produits, déplore Maryellen Gibson, estimant que la priorité accordée aux traitements au détriment des mesures de prévention laisse de nombreux usagers sans ressources sécuritaires.
Appel à des réformes globales
Pour le chef des pompiers, Rob Hogan, bien que ses effectifs continuent d'assurer les interventions d'urgence avec dévouement, la résolution de cette crise dépasse les compétences des services de secours.
C'est frustrant parce que nous sommes un organisme d'intervention d'urgence. Nous continuerons de répondre aux appels, mais il n'y a pas de fin en vue si le problème n'est pas traité à un niveau supérieur, affirme-t-il.
Invité à réagir, le gouvernement provincial a indiqué par voie de communiqué qu'il consacre 172 millions $ aux services de lutte contre les dépendances pour l'exercice 2026-2027, précisant que le ministère de la Santé reste en étroite collaboration avec la Ville de Saskatoon pour coordonner la réponse sur le terrain.
Avec les informations de Halyna Mihalik


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