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Pêches et Océans Canada (MPO) a récemment annoncé une hausse du total autorisé des captures de maquereau et de hareng d’automne dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Si les pêcheurs de crustacés peuvent en bénéficier pour leurs appâts, les pêcheurs pélagiques commerciaux de la Gaspésie se disent une fois de plus écartés.
Depuis 2022, un moratoire empêche la pêche commerciale au maquereau et au hareng de printemps, ce qui a des conséquences sur la flottille pélagique gaspésienne.
Si le stock de maquereau a augmenté de moitié en une année, il demeure dans la zone critique, selon le MPO. Le total de capture autorisé s’élève désormais à 1 500 tonnes, dont la grande majorité est dédiée à des appâts à usage personnel, ce qui concerne principalement les pêcheurs de crustacés.
Or, la pêche commerciale reste fermée pour cette espèce et seules 20 tonnes sont dédiées à l'échantillonnage scientifique.

Le maquereau sert à fabriquer des appâts frais pour la pêche aux crustacés et au flétan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
S’il vous plaît, aidez-nous
On félicite la ministre [des Pêches] d'avoir entendu les voix des pêcheurs disant que la ressource était partout, admet dans un premier temps Ghislain Collin, président du Regroupement des pêcheurs pélagiques du sud de la Gaspésie.
Il souligne également la bonne nouvelle pour les pêcheurs de homard et de crabe, qui peuvent ainsi économiser sur les appâts en pêchant du maquereau.
Cependant, le président estime que les pêcheurs pélagiques sont mis de côté. Encore une fois, on est oubliés, des gens qui vivaient de ces ressources avant et qui créaient des emplois.
À la ministre, s'il vous plaît, faites quelque chose pour les pélagiques, s’il vous plaît, aidez-nous.

« Avant, on commençait à pêcher au mois d'avril et on finissait au mois d'octobre. Le moratoire a brisé toutes les entreprises, toutes les équipes de pêche », déplore Ghislain Collin. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois
Depuis cinq ans, la quinzaine de pêcheurs du Regroupement reste à quai, sauf pour quelques semaines, lors de la pêche au hareng d’automne.
À plusieurs reprises, les pêcheurs pélagiques ont tenté de se faire entendre par le MPO, comme lors de l’attribution de permis de pêche exploratoire au homard.
Malgré tout, Ghislain Collin demeure optimiste. Le ministère a conscience que la biomasse a augmenté, donc on verra peut-être une lumière au bout du tunnel, un jour, souffle-t-il.
Ce qu'on veut? C'est une biomasse en bonne santé. Les pêcheurs ne travaillent jamais pour détruire une ressource [avec laquelle] ils gagnent leur vie.

La pêche commerciale reste interdite pour le hareng de printemps et le maquereau. (Photo d'archives)
Photo : (Brian McInnis/CBC)
Plus de pêche scientifique réclamée
La seule porte de sortie qu'on pourrait avoir en attendant qu'une pêche commerciale rouvre, c'est la pêche scientifique, ajoute le président.
Selon Ghislain Collin, les 20 tonnes de captures pour l'échantillonnage scientifique allouées à l'échelle de l'Atlantique sont insuffisantes pour rentabiliser la sortie d'un navire et représenter correctement le portrait du maquereau.
Il demande à Ottawa d’augmenter le quota scientifique et d’en consacrer une partie à la flottille du sud de la Gaspésie, qui serait prête à sortir en mer. On a les bateaux, on a l'équipement, on a la biomasse qui est en avant de nos ports, de nos quais.

Ghislain Collin se dit convaincu que les connaissances des pêcheurs, mises à contribution, pourraient permettre une réouverture de la pêche commerciale. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté de Lauréat Lelièvre
Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier, abonde en ce sens. Écoutez ceux qui sont principalement concernés, qui sont constamment sur l'eau, demande à Ottawa.
Du maquereau, il y en a en abondance, affirme le directeur général. Il précise que les poissons utilisent le golfe du Saint-Laurent comme parc d’engraissement avant d’entamer leur migration vers les États-Unis.
Ces maquereaux vont se faire gentiment prendre par les Américains et nous, on reste en plan.

« Nous sommes les yeux du ministère », commente O'Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / William Bastille Denis
Le bureau de la ministre des Pêches, Joanne Thompson, a réagi par écrit en indiquant prendre des décisions fondées sur des données scientifiques, qui protègent la durabilité à long terme de la ressource tout en soutenant des pêcheries solides et prospères.
L’évaluation du stock de maquereau de l’Atlantique s’est faite cette année, à la suite des commentaires formulés par les pêcheurs.
Toujours par écrit, le MPO reconnaît l'importance du maquereau de l'Atlantique pour les pêcheurs québécois. Le gouvernement du Canada cherche à créer davantage de débouchés économiques pour les Canadiens et à bâtir un secteur de la pêche et des fruits de mer solide et résilient.
Ghislain Collin prévoit toutefois de poursuivre les représentations politiques dans la prochaine année.


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