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Lors du dernier Nouvel An, plus de 1200 personnes ont été blessées et plusieurs incendies ont été signalés. L’interdiction vise à protéger les habitants, les animaux et l’environnement.
Fin du spectacle aux Pays-Bas. Après de nombreux réveillons terminés en drame, celui-ci ne faisant pas exception, une interdiction nationale de la plupart des feux d’artifice grand public devrait entrer en vigueur avant la fin de l’année 2026. Cette décision ferait des Pays-Bas la deuxième nation européenne, après l’Irlande, à proscrire une tradition que les critiques jugent extrêmement dangereuse, terrorisant les animaux domestiques et saturant les villes de fumées toxiques. Le parlement néerlandais a approuvé l’interdiction, mais son entrée en vigueur dépend encore de la conclusion d’un accord pour indemniser une industrie dont le chiffre d’affaires est passé de 118 millions d’euros en 2024 à 129 millions en 2025.
Face à ces dangers, certains pays ont cherché des moyens de remplacer les feux d’artifice. À Athènes, ainsi qu’à Chypre, les villes ont accueilli la nouvelle année avec des spectacles lumineux et des drones, évitant les explosions bruyantes et polluantes des années précédentes. Cette expérience aurait servi d’exemple pour les autorités néerlandaises. Basta-Bos, présidente de la société néerlandaise des médecins urgentistes, a déclaré dans les pages du Guardian qu’il était important d’offrir un moyen sûr alternatif de célébrer les fêtes de fin d’année : « Si nous n’offrons pas d’alternative, je pense que le chaos régnera », explique-t-elle.
4286 appels pour incendies lors du dernier Nouvel An
Cette décision intervient à la suite de fêtes de fin d’année particulièrement chaotiques aux Pays-Bas. Les célébrations de la semaine dernière ont provoqué plus de 1200 blessés, dont un tiers hospitalisés, et deux décès, explique le Guardian. « Bien sûr, les feux d’artifice sont agréables à regarder, mais les dégâts qu’ils causent actuellement aux Pays-Bas sont tout simplement incroyables », a déclaré Basta-Bos. Les pompiers ont reçu 4286 appels pour incendies lors des dernières festivités du Nouvel An, une légère hausse par rapport à l’année précédente. Une église monumentale du XIXe siècle a même brûlé près du célèbre Vondelpark d’Amsterdam, dans une soirée marquée par ce que la police a qualifié de violence sans précédent, explique le Guardian. Les pompiers eux-mêmes, n’ont pas été épargnés : ils auraient été attaqués avec des feux d’artifice et ont dû être protégés par la police anti-émeute, explique Jolanda Trijselaar, présidente du service d’incendie néerlandais. « Ça doit cesser. Notre personnel est là pour aider, pas pour être la cible de la violence », a-t-elle affirmé.
Pour certains professionnels du secteur, ces interdictions risquent de rester symboliques. Jolanda Pen, citée dans le Guardian, qui avec son mari Frits possède Dream Fireworks, une société autorisée à mettre en scène des spectacles et disposant d’un magasin destiné aux clients, estime que l’interdiction sera inefficace : « La facilité d’achat de feux d’artifice dans des pays voisins comme la Belgique et l’Allemagne risque de rendre cette interdiction inefficace. Je comprends la démarche, mais je ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. »
Le débat se diffuse en Europe
Si l’Europe est encore loin d’interdire les feux d’artifice, le débat sur leur usage lors des fêtes de fin d’année s’intensifie. En septembre, la Commission européenne a identifié des lacunes en matière de sécurité et d’environnement dans sa directive sur les pyrotechnies, pointant la disponibilité de feux d’artifice dangereux et la vente par correspondance non réglementée.
Et cette discussion ne se limite pas aux Pays-Bas. En Allemagne, où les accidents liés aux feux d’artifice sont réguliers, les appels à interdire les ventes privées ont reçu le soutien des médecins, des groupes écologistes et des syndicats de police. Certains environnementalistes vont même jusqu’à demander l’interdiction des feux d’artifice sous licence. En Finlande également, une initiative citoyenne visant à interdire les feux d’artifice a rapidement recueilli les 50.000 signatures nécessaires pour être discutée par le parlement. Un sondage commandé par le groupe financier OP Pohjola, repris par le Guardian a révélé que 70 % des Finlandais soutiennent des restrictions, et 25 % sont favorables à une interdiction totale.
Mais l’attitude envers les feux d’artifice varie non seulement selon les pays, mais surtout selon les sexes. Selon Raija Nikander, d’OP Pohjola : « 31 % des femmes seraient favorables à une interdiction totale, contre seulement 19 % des hommes qui le seraient. 34% des hommes ne restreindraient en rien leur usage, tandis que seulement 14 % des femmes partagent cette position. »


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