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Interrogés sur leur volonté de suivre l’exemple des États américains qui ont poursuivi Meta pour le tort causé à la santé mentale des adolescents par les réseaux sociaux Facebook et Instagram, les partis politiques aspirant à diriger le Québec ne se sont pas montrés pressés d’aller devant la justice.
La semaine dernière, Meta a conclu une entente avec la quasi-totalité des États américains : en plus d’une compensation pouvant atteindre 17 milliards de dollars, le géant technologique s’engage à limiter le temps d’utilisation des jeunes sur Facebook et Instagram, parmi une kyrielle d’autres mesures. Il a ainsi mis un terme à un mégaprocès au cœur duquel se trouvaient les fonctionnalités de ces plateformes : les États alléguaient qu’elles encourageaient la dépendance des adolescents et leur causaient de la détresse psychologique.
Dans la foulée de cet accord à l’amiable, Le Devoir a interrogé les principales formations politiques québécoises afin de voir si elles envisagent de poursuivre Meta dans le but que les changements convenus là-bas soient aussi intégrés aux plateformes pour les utilisateurs québécois.
Aucun parti n’a indiqué être prêt à traîner Meta en justice, bien qu’ils aient tous assuré que la santé mentale des jeunes Québécois est une priorité.
« Nous allons examiner attentivement la portée du règlement américain et les faits qui ont été mis au jour, mais il serait prématuré de nous prononcer sur une éventuelle action judiciaire », a indiqué la Coalition avenir Québec (CAQ).
Le Parti libéral du Québec dit suivre de très près les poursuites intentées chez nos voisins du Sud ainsi que « les développements récents qui ont mené à des changements importants dans les pratiques de Meta ». Pour la formation menée par Charles Milliard, l’entente conclue récemment démontre qu’il est légitime d’exiger davantage de responsabilités des grandes plateformes numériques lorsqu’il est question de la santé et de la sécurité des jeunes.
Commission transpartisane
Ces deux partis mettent leurs espoirs dans les travaux de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes. Celle-ci a été mise sur pied par la CAQ, qui indique avoir déjà donné suite à certaines de ses recommandations, notamment en retirant les téléphones cellulaires des écoles primaires et secondaires du Québec.
Le Parti québécois (PQ) a rappelé que c’est lui qui avait mis cette proposition en avant, en multipliant les sorties dès 2023 — alors que la CAQ avait initialement voté contre sa motion visant à encadrer l’usage des appareils intelligents en salle de classe. Le parti au pouvoir a ensuite changé son fusil d’épaule et les a interdits.
L’entente convenue aux États-Unis la semaine dernière prévoit une mesure moins ferme à ce sujet : le blocage des notifications de ces réseaux sociaux durant les heures de classe.
La CAQ, dirigée par Christine Fréchette, précise qu’elle va s’appuyer sur les recommandations de cette commission transpartisane pour mieux protéger les jeunes et responsabiliser les plateformes numériques.
En guise de réponse aux questions du Devoir, le PQ a renvoyé ce dernier à un communiqué diffusé par son chef, Paul St-Pierre Plamondon, à la mi-août, en réaction à l’enquête de Tel-jeunes sur l’augmentation de la détresse psychologique chez les jeunes Québécois. Le chef s’était alors engagé à « s’attaquer de front » à la crise de la santé mentale chez les jeunes, s’il forme le prochain gouvernement. Il est d’avis qu’il faut se pencher sérieusement sur les causes profondes de cette détresse. Pour le PQ, interdire le cellulaire est une bonne chose, mais « il faut en faire beaucoup plus ».
Le 16 août, il a promis de présenter en campagne électorale des mesures concrètes pour favoriser les activités sportives chez les jeunes, « qui constituent un rempart contre la détresse et un bienfait sur la santé en général ». Mercredi, il a annoncé vouloir intégrer 60 minutes d’activité physique obligatoires chaque jour dans les écoles.
Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec n’ont pas répondu aux questions du Devoir.


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