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Les orques sont de plus en plus cruelles et violentes et ça intrigue les chercheurs

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En mars 2019, une équipe de chercheurs assiste à une scène sanglante au large de la côte sud-ouest australienne: une douzaine d'orques s'attaquent à une baleine bleue adulte, lui arrachant d'énormes morceaux de chair sur les flancs. Une heure plus tard, le géant des mers succombait à ses blessures, devenant le premier cas documenté de prédation de baleine par les orques.

Ces derniers mois, les attaques d'épaulards se sont multipliées: enlèvements de bébés globicéphales, offensives contre les requins pour extraire leur foie ou collisions répétées contre des bateaux en vue de les faire couler… Derrière ces comportements belliqueux et violents, les scientifiques lisent un signe d'intelligence.

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«Ce sont des animaux dotés d'un cerveau incroyablement complexe et très évolué, explique Deborah Giles, chercheuse spécialisée dans les mammifères marins à l'Université de Washington. Certaines régions associées à la mémoire et aux émotions sont nettement plus développées que chez l'humain

Vraie diffusion du savoir ou simple loi des séries?

Ce qui frappe les chercheurs, ce n'est pas seulement la nouveauté de ces comportements, mais leur diffusion. Les orques apprennent vite et, surtout, enseignent leurs astuces au reste du groupe. Leurs interactions croissantes avec les activités humaines –par le biais du trafic maritime et des activités de pêche– favorisent l'émergence de nouvelles stratégies collectives, comme le rapporte un article de Live Science.

L'exemple de l'attaque de baleine l'illustre parfaitement. Dans les mois qui ont suivi, des scènes similaires ont été observées ailleurs. Pour chasser le plus grand animal au monde, «il faut une coopération et une coordination extrêmement fines», souligne Robert Pitman, écologiste à l'Institut des mammifères marins de l'université d'État de l'Oregon. Selon lui, les cétacés ont appris les uns des autres et ont ainsi perfectionné leurs techniques pour venir à bout d'une proie pour le moins imposante.

Des morceaux de viande préférés

Pour autant, prudence avant de parler de comportements novateurs. Certaines attitudes sanglantes récemment observées pourraient être des habitudes de longue date, que les scientifiques constatent seulement maintenant avec l'essor des technologies. «Grâce à l'augmentation du nombre de caméras embarquées et de bateaux, nous commençons à observer des comportements que nous n'avions jamais vus auparavant», reconnait Michael Weiss, écologiste comportementaliste et directeur de recherche au Center for Whale Research dans l'État de Washington.

Petite anecdote qui mérite d'être relevée: les cétacés, tout comme les humains, développent de véritables préférences gustatives. Ils raffolent de foies de requins et de langues de baleines. «Lorsqu'ils chassent ces dernières, ils prennent presque toujours la langue en premier et, parfois, c'est tout ce qu'ils mangent», indique Robert Pitman.

Les orques tirent également profit des techniques de pêche actuelles. Un peu partout dans le monde, des groupes ont appris à exploiter les palangres, ces longues lignes garnies d'hameçons. Dans le sud de l'océan Indien, autour des îles Crozet, deux populations d'épaulards pillent les poissons pris dans les filets, et ce depuis les débuts de l'activité dans la région, dans les années 1990. Aujourd'hui, toutes les espèces de la zone savent se régaler des buffets offerts par la pêche industrielle, le fruit d'une transmission efficace entre les individus.

Cette intelligence adaptative a toutefois ses limites. Michael Weiss alerte sur les effets combinés de la surpêche, notamment du saumon, et de l'érosion de la biodiversité. «Il est impossible de faire partie d'un grand groupe d'orques sociaux lorsque tout le monde a faim et cherche de la nourriture», souligne-t-il. À mesure que les clans se fragmentent et diminuent, la transmission des savoirs devient plus fragile.

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