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Chaque été, il nous fait tourner en bourrique: le moustique pique, nous fait nous gratter, nous empêche de dormir et certains s'amusent même à nous transmettre des maladies graves. Selon Popular Mechanics, ça ne risque pas de changer puisque ces petits suceurs de sang en ont plus que jamais après nous. Nous serions même en train de progressivement devenir leur première source d'alimentation.
Une équipe de chercheurs, dirigée par Jeronimo Alencar, biologiste et expert en santé publique à l'Institut Oswaldo Cruz de Rio de Janeiro (Brésil), a passé de nombreuses semaines à étudier le régime alimentaire des moustiques habitant dans les forêts situées le long des côtes brésiliennes. En extrayant l'ADN des repas sanguins des différentes espèces de moustiques présentes dans la zone, les chercheurs ont constaté que ces dernières «se nourrissent principalement de sang humain», ont-ils écrit dans leur étude, récemment publiée dans la revue Frontiers in Ecology.
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Pour mener cette étude, les insectes ont été piégés dans la réserve de Sítio Recanto Preservar, un paradis humide pour les moustiques. Ensuite, direction le laboratoire, où ils ont été anesthésiés et congelés afin de préserver les traces d'ADN. Sur les 653 spécimens capturés, représentant 21 espèces de moustiques, très peu ont pu être analysés. Parmi eux, un avait piqué un chien, un autre une souris, un des amphibiens, six s'étaient tournés vers des oiseaux et dix-huit avaient préféré se nourrir d'humains.
Les moustiques sont affamés
Quand il s'agit de se nourrir, les moustiques ne sont pas des fines bouches. Leur alimentation dépend des hôtes vertébrés disponibles à proximité. Mais pourquoi se tournent-ils vers les humains, même lorsque ceux-ci sont à plusieurs kilomètres? La principale explication est la déforestation. Alors que les forêts tropicales se réduisent à vue d'œil, les moustiques, eux, continuent de se multiplier.
En détruisant leurs hôtes animaux, la déforestation pousse les moustiques à s'attaquer à tout ce qui peut les nourrir. Y compris nous. «Les moustiques sont connus pour leur plasticité comportementale et leur capacité d'adaptation aux conditions environnementales, principalement grâce à leur aptitude à s'adapter à différentes sources de nourriture», ont indiqué les scientifiques. Le vrai danger, c'est que certains moustiques véhiculent des maladies graves, et parfois mortelles, pour l'homme. L'aedes albopictus –mieux connu sous le nom de moustique tigre– peut s'avérer particulièrement dangereux car il est connu pour transmettre des maladies telles que Zika, la fièvre jaune et le chikungunya.
À travers cette étude, les experts espèrent susciter une prise de conscience sur la nécessité d'améliorer les techniques permettant d'identifier les sources de nourriture, ce qui est crucial pour «l'élaboration de stratégies de lutte contre les agents pathogènes transmis par les moustiques». Une petite lueur d'espoir se dessine: depuis quelques années, les chercheurs jouent avec les gènes des moustiques pour tenter de réduire leur capacité à transmettre des virus ou limiter leur population.
Une des pistes étudiées consiste à introduire des gènes modifiés chez les insectes femelles afin qu'elles deviennent incapables de transmettre des agents pathogènes.





























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