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C’est un des grands caprices du calendrier de l’année olympique : les Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste seront présentés ce week-end, après les Jeux. Il est naturel pour tout athlète, peu importe sa provenance, qu’il ressente une baisse d’énergie. « Ce n’est pas la compétition la plus importante de la saison, alors c’est un peu bizarre », a relevé Félix Roussel, presque trop honnête.
Ce contexte s’appliquera à tous, mais l’équipe canadienne a une carte de plus à jouer. Ces mondiaux seront présentés à Montréal, à l’aréna Maurice-Richard, et le caprice du calendrier aura été une occasion en or pour l’organisation. La caverneuse enceinte affiche déjà complet pour, notamment, les adieux de la remarquable Kim Boutin, et toute la délégation a l’intention de s’en nourrir.
On est quasiment tous tombés malades après les Jeux olympiques, alors on se remet de ça tranquillement, soulignele champion olympique du 500 m, Steven Dubois. Mais on est à la maison. L’énergie de la foule, ça va nous sauver. C’est sûr qu’on va donner notre 100 % quand on sera rendus sur la glace.
Même quand ce n’est pas complet, l’ambiance à Maurice-Richard est incroyable, ajoute Danaé Blais. Le bruit, l’énergie de la foule… Ce sera une première, pour moi, de patiner quand c’est complet. J’ai vraiment hâte.
Les patineurs canadiens retrouveront d’ailleurs leurs nouveaux ultras, ce groupe de supporteurs qui s’était fait entendre pendant les courses montréalaises du Circuit mondial de courte piste en octobre dernier, à l’initiative de William Dandjinou.
Je pense que, quand les gens de l’ISU ont vu ça, ils ont vraiment aimé, affirme Dandjinou. Avec le travail de François Hamelin [en soutien logistique], on a réussi à faire en sorte que ces ultras-là soient officiels et qu’ils ne soutiennent pas que moi, mais toute l’équipe canadienne. Ils auront des billets réservés et tout, ça va être super.
Avant même que leurs préférés mettent une lame sur la glace vendredi, pour les qualifications, les partisans canadiens auront quelques bonnes raisons de les acclamer. Ils ont beau ne pas avoir atteint le fameux objectif des six médailles récoltées aux JO de 2002, les patineurs d’ici sont allés chercher quelques magnifiques résultats à Milan.
En tête de lice, assurément : Courtney Sarault. Avec deux médailles d’argent et deux de bronze, la détentrice du globe de cristal du Circuit mondial a été joliment récompensée pour une saison difficile, mais tellement amusante et gratifiante.

Courtney Sarault à l'arrivée de la grande finale du 500 m
Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK
Sarault commence à peine à prendre la pleine mesure de ses exploits – avec un peu d’aide de tous ceux qui l’ont félicitée depuis les Jeux. Elle a du sang québécois, elle a grandi au Nouveau-Brunswick et a aussi vécu en Ontario. Un peu tout le monde s’est approprié Courtney Sarault, et elle a bien l’intention d’enchanter le plus de gens possible ce week-end.
La beauté du patinage de vitesse sur courte piste, c’est que, parfois, même si on sent qu’on n’est pas la plus forte ou qu’on n’a pas les meilleures jambes, il s’agit surtout de prendre la bonne décision au bon moment, soutient Sarault. Ça m’apaise, étant donné que la saison a été si longue et que j’ai connu des moments tellement fous aux Jeux. J’ai encore ce qu’il faut pour obtenir des résultats. Je ne reculerai devant rien. Nous sommes chez nous.
Les plus infimes détails, dans un sport rapide comme celui-ci, font souvent foi de tout. Parlez-en à Dandjinou, l’empereur incontesté du Circuit mondial depuis deux ans, mais dont les Jeux olympiques n’ont pas été faciles. Les mondiaux ne feront pas figure de baume sur la plaie toujours vive. Je suis champion du monde, mais pas champion olympique, a-t-il encore rappelé. Pour le baume, il va falloir attendre quatre ans.
Les JO sont l’unique contexte où Dandjinou n’a pas pu déployer ses ailes. Le Montréalais compte déjà quatre titres mondiaux à son palmarès, dont trois acquis l’an dernier. Champion sur 1500 m, au relais masculin et au relais mixte, Dandjinou a également terminé le 1000 m comme dauphin de Steven Dubois, double champion du monde avec son autre victoire sur 500 m.
Oui, c’était un carton plein des messieurs canadiens. Et ils en veulent encore.
Mon objectif c’est tout le temps de tout gagner, tu me connais. Ça ne changera pas.
Leurs coéquipières étaient aussi inspirées, avec quatre médailles, dont trois d’argent dans les épreuves individuelles (Rikki Doak au 500 m, Sarault au 1000 m et au 1500 m). Et, surtout, la précieuse médaille d’or du relais féminin, la première depuis 2005.
Avec l’échec de cette cible olympique commune, parle-t-on des objectifs ou pas? Les philosophies divergent. Kim Boutin ne s’en cache pas, elle veut trois médailles, dont l’or au relais. Danaé Blais est plus prudente. Non, elle n’a pas d’objectifs, mais…

Courtney Sarault, Florence Brunelle, Kim Boutin et Danaé Blais
Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos
Au fond de mon cœur, j’ai quand même envie d’y aller pour l’or au relais, convient-elle. La médaille de bronze aux Jeux, c’est une fierté pour nous, mais c’est aussi une petite déception, parce qu’on sait ce dont on est capable. Je pense qu’on va essayer de gagner cette fois-ci.
Des médailles, des médailles, des médailles, puis du plaisir là-dedans, ajoute Félix Roussel pour chiffrer les objectifs. On a un titre à défendre au relais masculin, au relais mixte. Je sais que sur 1000 m et sur 1500 m, à Montréal, ça va bien de mon côté. Je vise des podiums dans chaque épreuve, mais c’est du courte piste, on a beau viser le podium, quelque chose se produit tout le temps.
Roussel est bien placé pour le savoir. Ses premiers mondiaux étaient en 2018 – comme spectateur. C’était presque plein, se souvient-il, pour ces Championnats du monde où les Canadiens, Charles Hamelin en tête, avaient été à l’honneur.
(Avec les informations de Josie-Anne Taillon)


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