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Les microbrasseries du Québec ont maintenant leur logo, qui permet de s’assurer en un clin d’œil qu’une bière est bel et bien le fruit d’une entreprise indépendante. La marque de certification était devenue une nécessité, puisque les grands brasseurs jouent de plus en plus dans la cour des petits, soulèvent des acteurs du milieu.
En voyant la pastille Bières de micro du Québec apposée sur une canette, le consommateur s’assure que l’entreprise à l’origine du produit détient un permis de brassage délivré par la Régie des alcools, des courses et des jeux, produit moins de 500 000 hectolitres par année au Québec et est indépendant des grands conglomérats brassicoles.
Un nouvel outil de vérification et une carte des microbrasseries du Québec ont aussi été mis en ligne lundi pour permettre de vérifier le statut d’un brasseur.
L’initiative de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) rappelle la certification Aliments du Québec, qui atteste que des produits sont composés d’ingrédients québécois et ont été transformés et emballés dans la province. D’ailleurs, une bière pourrait arborer les deux signes visuels si elle est produite par une microbrasserie québécoise à partir d’intrants locaux.
« Tout part d’un besoin du consommateur », qui souhaitait pouvoir savoir rapidement si un produit est bel et bien le fruit d’une microbrasserie québécoise, explique la directrice générale de l’AMBQ, Marie-Eve Myrand. « L’idée, c’est de pouvoir donner un coup de pouce au consommateur pour [appuyer] le geste d’achat qu’il veut poser. »
« L’enjeu, en ce moment, c’est qu’il y a tellement de bières sur les tablettes qu’il faut vraiment aider le consommateur à distinguer les bières qui sont véritablement produites par des brasseurs artisanaux », observe Claudia Thuot, coordonnatrice événements et partenariats à la brasserie Dieu du Ciel !.
Confusion des genres
Les grands brasseurs ont pris note de l’engouement pour les produits de microbrasseries et ont acheté plusieurs petits joueurs dans la dernière décennie, alimentant du même coup la confusion des genres. On pense notamment à Molson Coors, qui a acquis le Trou du diable, à Shawinigan, et Brasseurs de Montréal.
Sur les tablettes, il n’est pas nécessairement évident pour le consommateur de départager ce qui provient d’une microbrasserie ou d’une marque locale, mais appartenant à un géant. « C’est facile de s’y perdre », note Mme Myrand, d’où l’intérêt du logo, qui vise à « diminuer la confusion ».
Il ne s’agit pas de diaboliser les grands brasseurs, nuance Mme Thuot. À chacun son créneau, « mais il reste que c’est bien pour le consommateur de savoir ce qu’il achète ». Elle souligne au passage certains atouts des petits brasseurs, comme la qualité des intrants, la flexibilité et la créativité des recettes.
Un contexte propice
Le lancement de cette marque de certification n’est pas non plus étranger à la crise tarifaire. L’achat local est sur toutes les lèvres et il devenait important de distinguer clairement les produits qui sont issus d’une entreprise d’ici, pense Marie-Eve Myrand.
« C’est important d’encourager l’économie locale, mais les microbrasseries sont aussi des employeurs importants », ajoute Claudia Thuot. C’est d’autant plus vrai hors des grands centres : 38 % des entreprises brassicoles de la province sont situées dans des villes de moins de 10 000 habitants, précise l’AMBQ.
Il y a 312 microbrasseries au Québec, établies dans 173 villes. Elles produisent annuellement l’équivalent d’environ 12 pintes de bière par habitant.


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