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Les médecins alertent : votre nouveau-né en a besoin, pourtant des parents le refusent

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La vitamine K est indispensable à la coagulation du sang. Les nouveau-nés en manquent naturellement : elle traverse mal le placenta, le lait maternel en contient peu, et la flore intestinale qui en produit chez l'adulte n'est pas encore installée.

Sans apport à la naissance, ce déficit peut provoquer une hémorragie par carence en vitamine K, autrefois appelée maladie hémorragique du nouveau-né. Elle reste rare, mais elle peut toucher le cerveau et entraîner des séquelles graves, voire la mort. C'est pourquoi les autorités de santé recommandent d'administrer systématiquement de la vitamine K à tous les nouveau-nés.

Une prévention qui n'est pas un vaccin

La vitamine K donnée à la naissance est parfois présentée, à tort, comme un vaccin. Il s'agit d'un apport de vitamine, qui ne stimule pas le système immunitaire. Elle peut être administrée en une injection unique dans le muscle ou par voie orale, en plusieurs prises.

Pourquoi donne-t-on de la vitamine D aux bébés et aux enfants ?

La vitamine D est une vitamine essentielle à notre organisme. Elle joue un rôle important dans la santé des os et des muscles, ainsi que dans de nombreux autres processus biologiques dans le corps. En Europe, de nombreuses populations sont carencées en vitamine D. Quels sont les besoins en vitamine D ? Quels sont les facteurs qui influencent les niveaux de vitamine D dans le corps ? Quelles sont les recommandations pour assurer un apport adéquat en vitamine D chez les bébés et les enfants ?... Lire la suite

Les sociétés savantes nord-américaines, dont la Société canadienne de pédiatrie, privilégient l'injection, jugée plus fiable car elle ne dépend ni de l'absorption intestinale ni de la régularité des prises. En France, la voie orale est la plus utilisée chez le nouveau-né à terme en bonne santé : les prises s'échelonnent au cours du premier mois, selon un calendrier fixé par l'équipe de la maternité, puis par le pédiatre ou le médecin traitant. L'injection reste une alternative, et elle est privilégiée chez les bébés à risque.

Des refus en hausse

Une étude publiée en 2026 dans JAMA Pediatrics par des chercheurs de l'Institut Karolinska, à Stockholm, a analysé plus de deux millions de naissances survenues en Suède entre 2003 et 2021. La part des nouveau-nés sans injection de vitamine K enregistrée est passée de 0,66 % en 2006 à 1,50 % en 2021.

Les registres n'indiquent pas la raison de cette absence, mais les contre-indications médicales étant rares, les auteurs y voient surtout des refus parentaux. Près de deux bébés sur trois nés à domicile entre 2018 et 2021 n'avaient pas reçu d'injection.

La même tendance apparaît ailleurs. Aux États-Unis, une étude portant sur plus de cinq millions de nouveau-nés, publiée fin 2025 dans une revue du groupe JAMA, montre que la part des bébés n'ayant pas reçu l'injection est passée de 2,9 % en 2017 à 5,2 % en 2024. Au Canada, le néonatologiste Eugene Ng, de l'hôpital Sunnybrook de Toronto, constate lui aussi une augmentation des refus.

À la naissance, les bébés manquent naturellement de vitamine K, indispensable à la coagulation du sang. Cette carence peut provoquer des hémorragies sévères, y compris cérébrales. © FatCamera, iStock

Un risque d'hémorragie nettement accru

Dans l'étude suédoise, les bébés sans injection enregistrée présentaient, jusqu'à l'âge de six mois, un risque de saignement supérieur d'environ 50 % et un risque d'hémorragie intracrânienne environ trois fois plus élevé que les autres.

Les hémorragies tardives, qui surviennent entre une semaine et six mois de vie avec un pic entre deux et huit semaines, sont les plus redoutées. Elles touchent surtout les bébés nourris exclusivement au sein, en raison de la faible teneur en vitamine K du lait maternel. Pour Eugene Ng, une hémorragie cérébrale chez un nourrisson ne peut en aucun cas être considérée comme anodine.

Les ressorts de la défiance

Les parents réticents évoquent souvent les ingrédients du produit, ses conservateurs ou la douleur de l'injection. Certains invoquent aussi un lien avec la leucémie, suggéré par une étude britannique au début des années 1990 mais écarté par les travaux ultérieurs.

Les mises en garde qui figurent sur la notice, concernant notamment des réactions allergiques graves, sont aussi largement relayées. Selon les spécialistes, elles découlent surtout de réactions observées chez des adultes recevant des doses élevées, en particulier par voie intraveineuse. Chez le nouveau-né, qui reçoit une faible dose, ces réactions sont extrêmement rares.

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Pour Timothy Caulfield, professeur de droit et de politique de santé à l'université de l'Alberta, la diffusion de ces craintes passe surtout par des influenceurs. Leurs témoignages personnels, présentés de manière séduisante, toucheraient davantage les jeunes parents que les messages institutionnels. Il estime que les associations médicales doivent adapter leur communication à la situation particulière des parents au moment de la naissance.

Les spécialistes constatent aussi que le refus de la vitamine K va souvent de pair avec le refus d'autres soins préventifs. Des études américaines l'associent notamment au refus du vaccin contre l'hépatite B à la naissance.

Les signes qui doivent alerter

Les saignements liés à un manque de vitamine K peuvent apparaître sans signe avant-coureur, y compris chez un bébé en apparence en bonne santé. Un saignement prolongé au niveau du cordon ombilical ou d'un point de piqûre, des ecchymoses inexpliquées, du sang dans les selles, les urines ou les vomissements imposent de consulter sans attendre.

Une somnolence inhabituelle, des difficultés à téter, des vomissements répétés, une irritabilité marquée, des convulsions ou une fontanelle bombée peuvent signaler une hémorragie cérébrale. Ils justifient un appel immédiat au 15. Ces signes doivent être pris au sérieux même chez un bébé qui a reçu de la vitamine K, en particulier par voie orale si une prise a été oubliée.

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