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La construction de logements neufs à des fins locatives représente plus de 80 % des mises en chantier dans la région de Montréal en 2025, a dévoilé la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans un rapport publié mercredi.
« Les conditions du marché à Montréal semblent détendues à court terme, rapporte l’agence. Le ralentissement de la croissance démographique et l’incertitude macroéconomique ont affaibli la demande, tandis que les nombreux achèvements ont fait augmenter l’offre. »
L’an dernier, un nombre record de 23 089 logements locatifs ont été mis en chantier. Cet intérêt pour le locatif s’explique par la concrétisation de projets en cours de planification depuis plusieurs années, alors que la demande prévue était plus forte. La croissance a été la plus forte à Laval et sur les rives nord et sud de Montréal en raison du coût « relativement bas des terrains et leur disponibilité accrue ».
À peine 2027 appartements en copropriété ont été lancés sur la même période, consolidant une demande en berne depuis plusieurs années. « La faiblesse de l’activité chez les investisseurs, l’incertitude économique et l’écart de prix important entre les unités neuves et existantes » explique le manque d’appétit pour la copropriété, écrit la SCHL.
On observe un renversement de la tendance dans la dernière décennie. Auparavant, entre 1991 et 2026, les mises en chantier d’appartements en copropriété dominaient celles des logements locatifs.
La grande majorité de la construction résidentielle s’est concentrée du côté des appartements dans la région de Montréal l’an dernier. Les mises en chantiers d’appartements locatifs et en copropriété ont été près de 10 fois supérieures aux mises en chantier de maisons individuelles, jumelées et en rangée.
Des déséquilibres à long terme
« Les conditions actuelles du marché montrent une offre élevée et une demande affaiblie » à Montréal, note la SCHL. À plus long terme, l’agence entrevoit cependant une hausse de la demande « à mesure que l’incertitude macroéconomique se résorbera » et un ralentissement des mises en chantier d’habitation. En conséquence, « il pourrait y avoir des déséquilibres ».
À Montréal en particulier, « on a des niveaux jamais vus » d’achèvements et d’unités présentement en construction, explique Tania Bourassa-Ochoa, économiste en chef adjointe à la SCHL, dans un balado accompagnant la publication du rapport. « On a beaucoup, beaucoup d’inventaire qui va se retrouver sur le marché au cours des prochaines années. On s’attend à ce que les mises en chantier diminuent quelque peu au cours des prochaines années. »
Même chose au niveau national, où « les mises en chantier d’habitations devraient diminuer » de 2026 à 2028, prévoit la SCHL. Cette dernière attribue la baisse anticipée à « des coûts de construction élevés, [au] resserrement du financement et [au] refoulement de la demande ».
« Malgré les gains réalisés en 2025, le système du logement au Canada continue de subir des pressions qui menacent l’offre future et l’abordabilité à long terme », note la SCHL.


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