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Les logements « abordables » à 1600 $ par mois ne sont qu’un outil parmi tant d’autres pour résoudre la crise du logement, a soutenu la ministre responsable de l’Habitation, Karine Boivin Roy. L’élue a été longuement questionnée par l’opposition sur différents problèmes d’abordabilité du logement en commission parlementaire, mardi.
La porte-parole libérale en matière d’habitation, Virginie Dufour, a notamment rappelé le cas d’un projet immobilier à Laval dans lequel un loyer de 1648 $ pour un appartement de deux chambres était désigné comme « abordable intermédiaire », comme rapporté dans Le Devoir au début avril.
Avec des mesures de la sorte, « à qui on s’adresse ? » a demandé Mme Dufour. Selon elle, la nouvelle catégorie de logements « abordables intermédiaires », créée par Québec l’an dernier, n’a d’abordable que le nom. Elle doute aussi de la pertinence, pour le gouvernement, de subventionner ces logements, trop chers pour plusieurs ménages.
« Le logement intermédiaire, c’est un des outils qu’on s’est donnés pour être en mesure de faire face à la crise de l’abordabilité », a répondu la ministre Boivin Roy. Ce faisant, les logements dits « abordables intermédiaires » permettent de boucler le financement de projets et ainsi de les faire sortir de terre, a-t-elle ajouté.
Mme Boivin Roy a beaucoup insisté sur le « bouquet de mesures » offert par son gouvernement pour accroître l’offre en matière de logement et encourager la rénovation du parc immobilier ainsi que sur l’aide aux ménages les plus vulnérables. « Ce qu’on essaie de faire, c’est de construire le plus possible. »
Le nombre de personnes en attente d’une habitation à loyer modique (HLM) a diminué d’environ 8000 ces dernières années, pour atteindre à peu près 30 000 aujourd’hui, assure la ministre. Un constat qui n’a pas convaincu la libérale Virginie Dufour, qui soutient plutôt que cette diminution est due à l’élimination des doublons sur les listes d’attente.
En réponse à une question du porte-parole solidaire en matière de logement et d’habitation, Andrés Fontecilla, Karine Boivin Roy a aussi ouvert la porte au prolongement du moratoire sur les évictions mis en place par sa prédécesseure, France-Élaine Duranceau. « C’est quelque chose qu’on est en train d’étudier présentement », a dit la ministre.
Un congé de taxe critiqué
Québec a annoncé en avril dernier qu’il rembourserait jusqu’à concurrence de 5875 $ payés en droits de mutation (« taxe de bienvenue ») par les acheteurs d’une première propriété d’un million de dollars ou moins. La pertinence de la mesure avait été remise en question, entre autres parce qu’elle pourrait stimuler une demande déjà forte.
La question a rebondi à l’Assemblée nationale mardi. Virginie Dufour a interrogé la ministre Karine Boivin Roy sur la pertinence de rembourser quelques milliers de dollars payés en « taxe de bienvenue » à un ménage qui est en mesure de se payer une propriété d’un million de dollars.
Ce type d’aide peut faire la différence entre être capable ou non d’acheter une propriété, a assuré la ministre caquiste. Par ailleurs, l’ampleur de l’aide offerte a été calculée pour éviter une surchauffe du marché immobilier, a-t-elle ajouté.
Un nouveau code coûteux en construction
L’entrée en vigueur d’un nouveau Code de la construction, en octobre prochain, a aussi alimenté le débat en commission parlementaire. Le nouveau code exigera notamment des normes sismiques plus sévères.
La p.-d.g. de l’Institut de développement urbain du Québec, Isabelle Melançon, a multiplié les sorties publiques, lundi, pour dénoncer des exigences qui pourraient faire gonfler les coûts de construction. Tant la libérale Virginie Dufour que la péquiste Catherine Gentilcore ont soulevé ce risque auprès de la ministre Boivin Roy.
« On est bien conscient qu’ajouter de l’acier, qu’ajouter du béton, ça ajoute des coûts à la construction et que, malheureusement, ces coûts-là pourraient se retrouver à être absorbés par les acheteurs ou par les locataires », a reconnu la ministre. Elle précise toutefois que ces normes sont « appuyées par la science ».


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