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Le coup d'envoi de la troisième édition des Jeux du Nitassinan a été donné jeudi matin à Unamen Shipu, sur la Basse-Côte-Nord. Pendant quatre jours, près de 200 jeunes athlètes issus de cinq communautés innues s'affronteront au volleyball, à la course à canot et à diverses autres activités sportives pour représenter leur milieu.
Ils viennent de Nutashkuan, de Matimekush-Lac John, d’Ekuanitshit, de Uashat mak Mani-utenam et, bien sûr, d’Unamen Shipu. Malgré la distance et l’enclavement de la communauté d’accueil, les délégations ont répondu présentes pour cet événement qui se tient pour la première fois dans cette localité isolée.
Les jeunes sont très enthousiasmés par les jeux, on voit des sourires fendus jusqu’aux oreilles, s’exclame Gervais Mallec, le responsable des communications et de l’animation de cette troisième édition.

Gervais Mallec, responsable des communications et de l’animation des Jeux du Nitassinan, souligne l'importance de ce rassemblement pour tisser des liens entre les communautés et transmettre la culture innue.
Photo : gracieuseté de Gervais Mallec
Ça leur permet de voir d’autres communautés, d’autres jeunes. Il y a des amitiés qui se forment, c’est quelque chose de très beau à voir.
L’entraide au rendez-vous
L'accueil de ces athlètes en herbe à Unamen Shipu pose toutefois d'importants défis logistiques. Au-delà du transport par avion ou par bateau, la question de leur hébergement a nécessité une organisation hors du commun pour la petite localité.
Pour rendre le tout possible, toute la communauté met la main à la pâte, comme l’explique la chargée de projet responsable des plateaux sportifs, Magalie Lapointe.
Il y a beaucoup d’entraide. Il y a des gens qui ouvrent leur maison pour que les jeunes puissent se laver, l’école a participé pour que les jeunes puissent y dormir. […] Toute la communauté participe et c’est ce qui fait le succès de ces jeux-là, rapporte-t-elle.

Magalie Lapointe salue l’élan de solidarité et d'entraide de la communauté d'Unamen Shipu.
Photo : gracieuseté de Gervais Mallec
Le cross-country se fait en forêt. Les jeunes ont leur sifflet s’il y a des ours, donc on est ailleurs. Ce n’est pas les Jeux du Québec à Trois-Rivières!
Magalie elle-même accueille une douzaine d’étudiants de diverses universités du Québec dans sa petite maison de La Romaine pour qu’ils prêtent main-forte aux arbitres.
Culturellement adapté
Au-delà d’être un rassemblement sportif, c’est aussi un lieu de rencontre culturellement adapté pour les Innus de toutes les communautés, croient Gervais Mallec et Magalie Lapointe.
Un site traditionnel, du boucanage de saumon, de la dégustation de homard et une panoplie d’autres activités culturelles sont proposés pour permettre aux participants et à leurs proches de célébrer leur identité.

Munis de sifflets par mesure de sécurité en forêt, les jeunes athlètes relèvent le défi de l'épreuve de cross-country, l'une des disciplines phares de ces Jeux du Nitassinan.
Photo : gracieuseté de Gervais Mallec
La culture, c’est très important pour nos jeunes afin d’assurer la continuité, avance Gervais Mallec. C’est aussi un facteur de protection. Ça permet aux gens de s’identifier à quelque chose. C’est très important de transmettre notre langue et notre culture.
Les événements sportifs se poursuivent jusqu’à dimanche. Des chansonniers locaux s'empareront d’ailleurs de la scène pour animer les soirées.


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