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Les jeunes veulent être davantage entendus par les élus

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Alors qu’une nouvelle législature s’amorce au Québec, les jeunes réclament une plus grande place dans les décisions politiques. Selon un sondage du Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ), quatre adolescents sur dix estiment que les adultes et les élus ne les écoutent pas suffisamment.

La santé mentale arrive en tête de leurs priorités. Près de la moitié des répondants souhaitent que cet enjeu retienne davantage l’attention des élus.

L’intimidation et la cyberintimidation (34,5 %), ainsi que l’éducation (32,4 %), figurent également parmi leurs principales préoccupations.

Les jeunes sont intéressés à la politique quand on s’intéresse à eux, affirme Nicholas Legault, directeur général du RMJQ.

Selon lui, la jeunesse a été peu présente dans les discussions pendant la dernière campagne électorale, hormis les enjeux liés à l’école.

Les jeunes, c’est beaucoup plus que ça, rappelle-t-il.

Des décisions prises sans les consulter

Les adolescents peuvent avoir l’impression que les décisions politiques se prennent loin de leur réalité. Nicholas Legault cite notamment les mesures sur le vouvoiement des enseignants et l’interdiction des cellulaires à l’école, adoptées sous l’ancien ministre de l’Éducation Bernard Drainville.

Je suis pas certain qu’il a beaucoup discuté avec les jeunes de ces mesures-là, comme telles, puis pourtant, c’est les principaux intéressés et touchés par ces mesures, souligne-t-il.

Bastien Perreault-Grandmaison, coordonnateur à la maison Spot Jeunesse, constate lui aussi que les adolescents se sentent parfois écartés des discussions en raison de leur âge.

Portrait de Bastien Perreault-Grandmaison.

Bastien Perreault-Grandmaison, coordonnateur à la maison Spot Jeunesse, constate que les adolescents se sentent parfois écartés des discussions en raison de leur âge.

Photo : Radio-Canada / Marie Ledoux

C’est très polarisant auprès des jeunes d’être confrontés par le fait de se faire taire par notre statut, notre manque d’expérience, ou tout simplement le fait d’être un jeune, explique-t-il.

Aller à la rencontre des jeunes

La candidate élue de Sherbrooke, Stéphanie Vachon, reconnaît que les élus doivent mieux rejoindre les adolescents.

Je pense qu’il faut aller les voir là où est-ce qu’ils sont, affirme-t-elle, en évoquant les écoles secondaires, les cégeps et les universités. Les réseaux sociaux constituent également un moyen de communication à privilégier, selon elle.

Elle est tout sourire, les bras en l'air.

La candidate élue de Sherbrooke, Stéphanie Vachon, reconnaît que les élus doivent mieux rejoindre les adolescents.

Photo : Radio-Canada / Marie Ledoux

Mme Vachon s’engage à rencontrer directement les jeunes de sa circonscription pour entendre leurs préoccupations.

Elle reconnaît également que l’accès aux services en santé mentale et les difficultés dans le réseau de l’éducation font partie des enjeux auxquels les élus doivent s’attaquer.

Un financement insuffisant

Les maisons des jeunes contribuent à développer la participation citoyenne des adolescents. Selon le sondage, neuf sur dix des répondants affirment que leur maison les aide à exprimer leur opinion et à développer leur confiance en eux.

Pour maintenir ce rôle de soutien auprès des jeunes, le RMJQ réclame un financement accru pour les maisons des jeunes. Selon le regroupement, la subvention moyenne accordée à un organisme s’élevait à 185 000 $ l’an dernier. Il estime qu’il manque en moyenne 552 000 $ par maison pour assurer un fonctionnement normal.

La salle commune de la maison Spot jeunesse, à Sherbrooke.

La subvention moyenne accordée à une maison des jeunes s’élevait à 185 000 $ l’an dernier.

Photo : Radio-Canada / Marie Ledoux

On coupe sur les heures de travail, sur la question des salaires. On doit couper des postes, on doit fermer l’organisation, on doit réduire nos programmes et nos activités, déplore Nicholas Legault.

Ces restrictions compliquent notamment la rétention du personnel et risquent de fragiliser les liens de confiance développés avec les adolescents, selon lui.

Le regroupement demande des investissements durables pour permettre aux maisons des jeunes de poursuivre leur mission et de répondre aux besoins grandissants des adolescents.

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